Avec un trou de 13 milliards par an à combler, avec le départ des britanniques, il faut changer les règles. Qui va gagner, qui va perdre ?

Sommet des 27 dirigeants à Bruxelles, pour fixer le nouveau budget sur 7 ans d'après Brexit
Sommet des 27 dirigeants à Bruxelles, pour fixer le nouveau budget sur 7 ans d'après Brexit © AFP / RICCARDO PAREGGIANI / POOL / AFP

Le budget européen, c'est 1% de la richesse des 27 pays de l'UE. C’est à la fois peu (2 fois moins que le budget de la France) et beaucoup : environ 160 milliards d'euros par an, qui financent les échanges Erasmus, la construction d’autoroutes, ou encore Galileo, le GPS européen, pour les 7 ans à venir. La règle, c’est que chaque Etat contribue, en fonction de sa richesse. Mais certains ont obtenu, dans la foulée du rabais britannique, des ristournes sur ce qu’ils devraient payer. 

Avec le Brexit, le budget va-t-il baisser ? 

Or sans le Royaume Uni, il y a un trou de 13 milliards d’euros par an. Plusieurs solutions, soit chacun met plus dans le pot commun. Berlin, premier contributeur finançait déjà un cinquième du budget européen, à l'avenir, ce serait un quart. Autre solution, répartir l'argent différemment. Donner moins d'aides directes aux agriculteurs et réserver les aides aux régions les plus pauvres. Troisième option, lever des taxes sur le plastique non recyclé ou sur les émissions de CO2. Dernière solution, baisser le budget européen. 

Quels sont les futurs gagnants ? 

Difficile de le dire car rien n'est encore tranché, mais sans doute on peut classer dans cette catégorie, ceux qui profiteraient des nouvelles priorités de l’UE : la transition énergétique, le numérique, la défense. Un quart du futur budget européen doit servir à lutter contre le réchauffement climatique. Pour atteindre l'objectif de zéro carbonne en 2050, la Commission européenne propose de créer un « Fond pour la transition juste ». Il est censé aider la Pologne ou les régions allemandes à sortir du charbon. La France aussi en bénéficiera pour son industrie lourde. Idem pour l’Irlande et l’Estonie qui ont des mines de tourbes et de schiste bitumeux. 

Les perdants ?

Les régions pauvres, les pays du sud et de l'est de l'Europe, car les aides des fonds de cohésion vont baisser. Elles vont bénéficier à d’autres pays, car la République tchèque s’est enrichit, tandis que la Grèce ou l’Italie se sont appauvries. La France, elle craint de perdre une partie des aides de la PAC, la politique agricole commune, dont elle est la 1ère bénéficiaire, devant l'Espagne et la Pologne. Pour les Pays Bas, la Suède, le Danemark et l'Autriche, pas question de dépenser plus pour l'Europe. Ces pays dits "frugaux" estiment que les aides aux agriculteurs sont dépassées, mieux vaut financer des projets d'avenir comme le numérique. Une ligne rouge pour Paris qui mettra son veto prévient la secrétaire d'Etat aux affaires européennes Amélie de Montchalin. Or en matière de budget européen, c'est la règle de l'unanimité qui s'applique, bref ce sommet de Bruxelles pourrait aussi bien tourner court. Delphine Simon

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