Pas de raz de marée de réfugiés ?

Migrants lors de l'atterrissage du navire Vos Hestia de Save The Children au port de Corigliano, en Calabre, dans le sud de l'Italie.
Migrants lors de l'atterrissage du navire Vos Hestia de Save The Children au port de Corigliano, en Calabre, dans le sud de l'Italie. © Getty / Alfonso Di Vincenzo/KONTROLAB/LightRock

Le porte parole d'Emmanuel Macron durant la campagne électorale Benjamin Griveaux relativise la vague des réfugiés accueillis en France avec le mécanisme européen de solidarité.

"La question de l'accueil des réfugiés c'est de dire que nous devons prendre notre juste part (ça a été fixé à 30 000 au niveau européen) on est à peu près à 6 ou 7 000. Ca n'est donc pas le raz de marée décrit régulièrement sur les plateaux de télévision par le FN".

La France a promis d' accueillir 30 000 réfugiés or on en est à 6 à 7000. Vrai ou faux ?

Faux. Le porte parole d'Emmanuel Macron s'emmêle un peu les pinceaux dans les chiffres. pour faire face à l'afflux de migrants, en septembre 2015, l'Union européenne a mis en place un mécanisme de solidarité pour répartir 160 000 personnes arrivés en Grèce et en Italie. La France s'est engagé à en prendre 30 000, or elle en accueille3400 selon les chiffres de la Commission européenne. c'est à dire moitié moins que ce qu'affirme Benjamin Grivaux. En fait le chiffre de 6 000 évoqué par le porte parole d'En marche correspondent au nombre des demandeurs d'asile relocalisés non pas en France, mais dans toute l'Europe au mois de septembre 2016.

Depuis lors ce mécanisme s'est accéléré. aujourd'hui presque 19 000 réfugiés ont été relocalisés en Europe. La France mène en parallèle sa propre politique en matière d'asile.

Ces personnes arrivées en Grèce et en Italie s'ajoutent aux réfugiés qui déposent leur demande d'asile directement en France.

En 2016, la France a accordé 20 000 statut de réfugiés et protection. Plus de 80 000 demandes ont été déposées.

Benjamin Grivaux confond les demandeurs d'asile en France et ceux qui sont relocalisés de Grèce et d'Italie via le mécanisme européen.

3400 réfugiés relocalisés en France, au final ça ne fait pas beaucoup sur 30 000

Au départ, l'idée c'est d'alléger le fardeau qui pèse sur la Grèce, l'Italie ou la Hongrie, des pays dits "de première entrée" pour l'immigration. Sauf que ça ne marche pas : 10% de personnes accueillies en France par rapport à l'objectif fixé il y a presque deux ans, c'est effectivement très peu.

Pourquoi ça ne fonctionne pas ?

Alors il y a plusieurs raisons selon les associations comme la Cimade. La France est prête à les accueillir, mais tout simplement, très peu arrivent en France.

D'abord la Grèce ou l'Italie freinent des quatre fers ou n'ont pas les moyens d'enregistrer tous les réfugiés dans ces hot spot, où ils remplissent à leur arrivée des questionnaires. Ces hot spot qui sont en gros des camps de rétention a la frontière. Deuxièmement les critères sont assez restreints, seules quelques nationalités sont concernées comme les syriens, les érythréens. Enfin un certain nombre de réfugiés préfèrent tout simplement ne pas s'inscrire, de peur d'être envoyé dans un autre pays que celui où ils espèrent retrouver des amis ou de la famille. Clairement le système ne marche pas. A charge pour Emmanuel Macron qui veut donner un nouvel élan d'essayer de le réformer.

Sur son site la Commission européenne tient à jour les relocalisations.

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