Un visa télétravail en Estonie, une loi en préparation en Allemagne, un réseau informatique à relancer en Italie

En France, mère de famille en télétravail
En France, mère de famille en télétravail © AFP / RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

En France, pour faire face à la deuxième vague de la pandémie, les entreprises doivent décider un nombre minimal de jours en telétravail. Deux à 3 jours minimum dans la fonction publique. Comment se passe chez nos voisins ? 

Des visas pour télétravailleurs en Estonie 

Au pays qui a inventé Skype dans les années 90, on compte sur le télétravail pour attirer les cerveaux du monde entier. Depuis le mois d'aout un visa  facilite l'installation des travailleurs nomades. Objectif : attirer des consultants, des développeurs web, des programmeurs informatiques, des créateurs. Pour prétendre à ce nouveau visa  il faut gagner au moins 3 500 € par mois. Ce petit pays d'un million et demi d'habitant ne compte pas seulement sur les charmes de la Baltique, pour attirer ces employés nomades, depuis 2014, Tallinn offre déjà un statut digital sur mesure pour startuppers  et des services publics 100% numérisés. A ce stade, "sur 30 demandes adressées fin septembre, 14 visas de télétravail nomades ont été accordés", selon les chiffres de l'administration estonienne e-residency. Les demandes viennent d'Inde, d'Afrique du sud ou de Singapour, mais les plus intéressés sont les américains. On ne peut pas vraiment de rush. La raison invoquée par Tallinn s'explique par les restrictions de circulation, dûes au Covid.  

En Allemagne, une loi télétravail 

En Allemagne, on parle de "home office", de « travail à la maison », et le réglementer fait débat. Depuis le mois d’avril, le ministre social-démocrate du travail, Hubertus Heil, défend l’idée d’inscrire dans la loi une durée minimum : 24 jours de télétravail par an. « Développer le travail mobile », cet objectif est inscrit dans le contrat de la coalition au pouvoir. Pour le ministre allemand,  le télétravail ce n'est pas la jungle, il faut l'encadrer. Chacun doit aussi avoir le droit de se reposer le soir dit-il. Son partenaire de coalition, la CDU mais aussi le patronat allemand, sont beaucoup moins convaincus. Quant aux syndicats, ils jugent qu'avec deux jours de télétravail par mois,  les entreprises ne seront jamais  incitées à améliorer l'équipement de leurs employés à la maison, ni à prendre en charge les couts supplémentaires. 

Au Sud, la découverte du télétravail 

Le Sud de l’Europe a quasiment découvert le "télétravail" avec le Covid. Selon l'institut Eurostat, avant la pandémie, les employés italiens étaient 2%, à télétravailler au moins une fois par semaine, contre 20% au Royaume uni, 16% en France, ou 23% aux Pays Bas. Le problème est d'abord technique : les opérateurs téléphoniques et le réseau internet italien sont sous dimensionnés, seule un quart des Italiens a accès à du haut débit (contre 60% en moyenne dans l’UE).  C'est aussi un choc culturel, dans un pays où le présentéisme, reste très fort, le coronavirus a levé tous les freins  et contraints la plupart à improviser, dans les pires conditions possibles.

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