Les pays où les inquiétudes sont les plus fortes sont la Suède, la France et l'Allemagne.

Grafitis antisémites à Paris sur une boite aux lettres montrant le portrait de Simone Veil, survivante de l'Holocauste
Grafitis antisémites à Paris sur une boite aux lettres montrant le portrait de Simone Veil, survivante de l'Holocauste © AFP / JACQUES DEMARTHON / AFP

La France n'est pas une exception en Europe. Selon le rapport de l'Eurobaromètre sur la perception de l'antisémitisme, cette vague touche d'une manière ou d'une autre la plupart de nos voisins. La moitié des européens jugent que l'antisémitisme est un problème sérieux dans leur pays. Les plus inquiets concernant ce phénomène sont les Suédois, les Français et les Allemands. Il est difficile de comparer les actes antisémites car leur définition diffère d'un pays à l'autre. Malgré tout, on peut citer l'enquête de l'ONG juive britannique CST selon laquelle en 2018 ces actes ont progressé de 16%  au Royaume Uni, qui abrite la deuxième communauté juive d'Europe après la France. 

Les actes antisémites progressent aussi de 10% en Allemagne, un niveau jamais atteint. Mais on reste bien loin de la France, +74% des actes relatés l'an passé. En Hongrie également,  les stéréotypes sont particulièrement vivaces :  42% des Hongrois estiment que les juifs ont trop d’influence dans la finance et les affaires dans le monde. Un record parmi les sept pays sondés par la chaîne de télévision américaine CNN, soulignant que « les stéréotypes antisémites sont bien vivants en Europe, alors que le souvenir de l’Holocauste commence à s’estomper ».  

Début de prise de conscience 

En France, 72% des interrogés considèrent que l'antisémitisme est un problème sérieux ou très sérieux contre à peine 6% des Estoniens et 10% des Portugais. Les signaux d'alarme se multiplient : l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne vient de publier la plus grande étude dans le monde sur le sujet : 16 000 personnes interrogées dans les douze pays européens. Soixante-dix ans après l'Holocauste, cette agence parle d'une "déferlante antisémite qui menace les communautés juives mais aussi les valeurs des droits fondamentaux sur lesquelles l'Union européenne s'est construite".  

Quelle solution ? Premièrement, l'éducation. La France est l'un des rares pays avec l'Allemagne à avoir fait de l'histoire de l'Holocauste un enseignement obligatoire à l'école. Mais, de l'aveu même de certains enseignants d'histoire, une ou deux heures consacrées à cette question ne permettront jamais de comprendre la spécificité de la Shoah. D'autant que l'essentiel des propos antisémites s'exprime désormais sur les réseaux sociaux. Quant aux juifs européens, ils sont particulièrement inquiets : neuf sur dix constatent une hausse des actes de harcèlement. Un tiers a même envisagé d'émigrer.

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