Sept pays de l'UE n'interdisent pas les punitions corporelles à la maison

51 pays interdisent la "fessée" dans le monde
51 pays interdisent la "fessée" dans le monde © AFP / LOIC VENANCE / AFP

En débat au Parlement une proposition de loi du Modem pour interdire les châtiments corporels envers les enfants : fessées, gifles et autres humiliations sont en passe d'être proscrits.  Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé :

"On est un des derniers pays en Europe à affirmer qu'on ne bat pas un enfant pour l'éduquer.  On sera le 45ème pays au monde, vous imaginez le retard qu'on a : ça se compte en dizaines d'années. C'est le seul levier pour qu'on n'admette plus les violences faites aux enfants."

Quels sont nos voisins à avoir proscrit totalement ces châtiments ? 

En fait 21 des 28 pays de l'Union européenne interdisent dans tous les cas les punitions corporelles envers les enfants, y compris à la maison. 5 pays ne les interdisent pas partout : c'est le cas de l'Italie, du Royaume Uni, de la Roumanie, de la Belgique et de la République tchèque, la Slovaquie est sur le point de le faire.

Interdire les châtiments corporels envers les enfants c'est la norme en Europe aujourd'hui ?  

33 des 47 pays membres du Conseil de l’Europe interdisent tout châtiment corporel à l’encontre des enfants, selon le dernier recensement de l’association End Corporal Punishement of Children. Ils sont 51 à travers le monde. La Suède est le premier pays à l'avoir inscrit dans sa loi, c'était en 1979. Elle a été suivie par ses voisins scandinaves, puis de l'Autriche, de l'Allemagne, des Pays Bas et des anciens pays du bloc soviétique. Dernière en date, la Slovénie. Donner la fessée n'est   pas interdit, l'idée c'est plutôt d'imposer dans la loi un interdit social, de faire réfléchir.   

Plusieurs tentatives en France 

La dernière en 2016 a été retoquée par le Conseil constitutionnel pour vice de forme. Depuis 1989, Paris est signataire de la Charte internationale des droits de l’enfant, comme 54 autres pays. C’est le conseil de l’Europe à Strasbourg, l'organisme européen de défense des droits de l'homme, qui lui demande de se doter d'une interdiction claire et précise. Pour l’instant, le droit français autorise un « droit de correction » des enfants au sein des familles, mais les punitions corporelles sont interdites à l’école et dans l’armée. La France a pourtant signé la Charte européenne des droits sociaux, qui précise que les Etats doivent « protéger les enfants et les adolescents contre la négligence, la violence ou l’exploitation ».

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