Si 2/3 de nos voisins commencent à déployer la 5G, la France est l'un des 10 pays à n'avoir lancé aucune enchère pour attribuer les fréquences.

Autocollant anti 5G, vu sur une voiture à Cracovie, Pologne (2019)
Autocollant anti 5G, vu sur une voiture à Cracovie, Pologne (2019) © AFP / ARTUR WIDAK / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

La 5G arrive en Europe à petit pas. Chez nos voisins, la Suisse et l'Autriche sont à la pointe. En Suisse, les 2 opérateurs Swisscom et Sunrise, ont commencé à se déployer l’an passé. Objectif : couvrir 90% de la population fin 2020,  y compris à la campagne. Il s’agit d’une « 5G basique », certes 2 fois plus rapide que la 4G actuelle, mais avec des débits inférieurs à la future 5G normale. De plus les nouveaux IPhone ou Samsung ne sont pas compatibles avec cette 5G dégradée. Italie, Finlande Espagne, Allemagne, Pays Bas et Royaume Uni, la nouvelle technologie est déployée à grande échelle chez environ 1/3 de nos voisins européens. Au total, 10 pays, auxquels il faut ajouter 7 autres pays où les fréquences 5G ont été déjà attribuées aux opérateurs télécom.

La France à la traîne en Europe ? 

En France, si on voit poindre des antennes, c’est parce que les opérateurs comme Orange testent le matériel dans quelques dizaines de villes françaises. Mais les fréquences n’ont pas encore été attribués. Les enchères débutent la semaine prochaine. Dix de nos voisins en sont à peu près au même point, comme la Grèce, le Portugal, la Bulgarie ou l’Estonie. D’autres pays ont choisi de geler les enchères en raison de l’épidémie du Covid 19. Ce retard est jugé catastrophique par la Commission européenne pour la compétitivité de nos entreprises, car la Chine et les Etats Unis sont plus avancés.

Foyers de contestation sur la 5G chez nos voisins ? 

Contrairement à ce qu’affirme le PDG d’Orange, les foyers de contestation ne sont pas un phénomène spécifiquement français ou francophone. Le débat autour de la 5G traverse à peu près toute l'Europe. La pause forcée du Covid a encore terni l’image de la 5G. Des mouvements de protestation émergent chez nos voisins avec des motifs assez hétéroclites : inquiétudes pour la santé, l’environnement, les libertés individuelles, mais aussi complotisme lié à l'épidémie de Covid 19 se répandent via les réseaux sociaux et débouchent parfois sur des violences. L’association des opérateurs de téléphonie mobile dénombre 142 attaques contre des antennes mobiles dans dix pays européens entre le mois de mars – date à laquelle les premiers pylônes ont été incendiés au Royaume-Uni – et le 18 mai dernier. Avec 17 sites vandalisés, la France est le 3ème pays le plus touché, derrière le Royaume-Uni (87) et les Pays-Bas (28). 

Aucun parti politique ne questionne vraiment la 5G dans les pays nordiques 

Aux Pays Bas, la situation est jugée assez préoccupante pour que la police antiterroriste  alerte sur le risque que ferait courir aux services d'urgence le sabotage d’antennes relais de téléphone mobile. En Suisse, la question fait l'objet de moratoire local ou cantonal. A l'inverse, dans les pays du nord, comme en Finlande, « aucun parti politique ne questionne vraiment la 5G, note le consultant Alain Lefebvre, Stockholm a même été la première ville équipée en 5G en Europe en 2018. » Aux pays de Nokia et d'Ericsson, la question ne fait pas débat.

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