Après le CETA, l'UE négocie un nouvel accord de libre échange avec le marché commun sud américain

Les éleveurs français menacés par l'accord avec les pays du Mercosur ?
Les éleveurs français menacés par l'accord avec les pays du Mercosur ? © Maxppp / José A. Torres/Centre Presse Aveyron

Après le CETA, l'accord commercial avec le Canada, l'Union européenne négocie avec quatre pays : Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay. Ces accords mettent en péril les éleveurs français selon le président de la Fédération nationale bovine, Bruno Dufayet.  

"On a déjà un premier accord signé avec le Canada, là c'est un deuxième accord avec les pays du Mercosur. Au total ce serait entre 135 et 165 000 tonnes de viande qui rentreraient sur le marché européen. L'impact sur les prix fait qu'on aurait 30 000 exploitations, 30 000 éleveurs français qui disparaîtraient. "  

30 000 éleveurs français menacés par le CETA et le futur accord Mercosur. Vrai ou faux ?  

C'est faux, même s'il y aura certainement un impact pour les éleveurs. L'étude citée par Bruno Dufayet est une étude ou plutôt un chiffrage de l'institut de l'élevage.  Le problème c'est qu'elle ne concerne pas du tout les 4 pays du Mercosur. Il s'agit d'une étude un peu ancienne, qui chiffre l'impact du CETA et du TAFTA, l'accord négocié avec les Etats unis qui a créé la polémique (ce traité est au congélateur depuis l'arrivée de Donald Trump).  Selon les experts de cet institut, il est cependant possible d'établir des comparaisons entre les 2 situations.

Quel impact pour nos éleveurs ?   

A ce stade, difficile à dire, car l'accord est en cours de discussion : les négociateurs européens et sud américains sont très clairement dans la dernière ligne droite...  Et les droits de douane sur les viandes de boeuf font partie des derniers points à arbitrer. Actuellement l'UE importe déjà 180 000 tonnes de viande de boeuf du Mercosur. Les droits de douane sont très élevés de l'ordre de 85%. L'idée serait de lever ces barrières en partie. En échange de quoi, les européens demandent au Brésil ou à l'Uruguay d'être plus ouverts aux exportations européennes de lait et de pièces automobiles. Or la viande sud américaine est déjà très bon marché, ce qui laisse craindre à nos éleveurs qu'ils auront du mal à faire face cette nouvelle donne.  

Multiplication des accords de libre échange 

L'Europe négocie tous azimut : la Commission vient de conclure un accord de libre échange avec le Japon, le plus important à ce jour. Elle discute avec le Mexique, le Chili et bientôt avec l'Australie et la Nouvelle Zélande, l'Indonésie et l'Inde. Objectif : doper les volumes des échanges, concurrencer les principales puissances économiques.  Mais ces accords de libre échange continuent de provoquer du côté des citoyens de nombreuses inquiétudes sur la remise en cause des normes environnementales en Europe, le recul du pouvoir des Etats au profit des multinationales et surtout en raison de la concurrence pour les agriculteurs.

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