Le président américain a lancé la première flèche, les européens temporisent

Rencontre à Davos : la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen et le président américain Donald Trump
Rencontre à Davos : la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen et le président américain Donald Trump © AFP / JIM WATSON / AFP

Donald Trump vient de rallumer la mèche. Son obsession : le déficit commercial américain, la chute des emplois industriels. Après avoir conclu un accord avec la Chine, le président américain bouscule l’agenda de Davos pour convoquer une conférence de presse. Il menace très clairement de taxer fortement les voitures européennes : "

"Les Etats unis ont perdu plus de 150 milliards ces dernières années, alors que l'UE a des barrières commerciales qui empêchent de faire du commerce, des taxes douanières un peu partout. l'Europe est si belle, nous lui devons beaucoup de belles choses. En fait, ils sont plus durs en affaires que la Chine. Boris Johnson en sait quelque chose.

Donald Trump exige de conclure un nouveau traité commercial bilatéral avec l’Union européenne. 

La taxe GAFA française dans le colimateur de Washington  

Paris, Rome, Vienne, ou Londres lancent des taxes numériques nationales qui provoquent les foudres de Washington.  En France, cette taxe numérique de 3% sur le chiffre d'affaires des entreprises numériques a été mise en place l’an passé. Elle provoque les foudres de Washington qui la juge discriminatoire contre ses GAFA,;  Amazon, Facebook, Google. Une taxe censée rapporter autour de 500 millions d’euros en année pleine. Les américains ont menacé d’imposer des sanctions cinq fois plus élevées contre les vins et autres champagnes français.  A Davos, les européens jouent l'apaisement. La chef de la commission européenne croit à un accord commercial rapide avec les Etats Unis. La France promet de suspendre les paiements de sa taxe. Les négociations ont duré toute la nuit et ce matin, après une brève rencontre avec son homologue américain Steven Mnuchin, Bruno Lemaire annonce un accord. L’idée américaine d’une taxe optionnelle, que les entreprises paieraient selon leur bon vouloir, n’est plus sur la table comme vient de l'expliquer le ministre de l’économie Bruno Lemaire lors d'une conférence de presse à Davos. 

"Nous sommes et nous resterons durs en affaires. Si la France n'avait pas été dure sur la question de la taxe digitale, si nous n'avions pas mis en place, une taxation nationale, le sujet de la taxation digitale serait mort et enterré soyons clair, à la satisfaction de beaucoup de pays. Le fait que la France mette ce sujet de la taxation digitale au centre du jeu a payé". 

Ni suspendue, ni supprimée, la taxe française selon lui, car les entreprises numériques payeront des impôts en France. En cas d'échec à  l'OCDE, Paris réclamera le paiement des échéances prévues en 2020. Chacun fait un pas vers l’autre. Les négociations sur la taxe numérique vont reprendre dès la semaine prochaine à l’OCDE. Avec un horizon très clair, l'Europe vise un accord avant fin 2020, autrement dit, après l’élection américaine. 

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