A quatre mois des élections européennes, des dirigeants européens viennent exposer leur vision de la mondialisation devant les grands patrons

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte plaide pour l'Europe des peuples devant les patrons à Davos
Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte plaide pour l'Europe des peuples devant les patrons à Davos © AFP / FABRICE COFFRINI / AFP

Un axe anti-libéral européen 

Bien loin de l’euphorie affichée l’an passé, l’ambiance est polaire au Forum économique mondial de Davos dans les Alpes suisses qui rassemble l'élite économique mondiale : moins 13 degrés en journée. Avec le risque d’un Brexit sans accord, les patrons ne savent plus où investir en Europe. Le Fond Monétaire International prévoie une baisse de 5 à 8% de la richesse britannique en cas de No Deal. L’incertitude est aussi de nature politique : plusieurs dirigeants européens populistes ont fait le déplacement, comme le chancelier autrichien Sebastian Kurz, à la tête d’une coalition avec l’extrême droite ou le président du Conseil italien Giuseppe Conte. Dans un anglais très approximatif, mais à mots choisis, Giuseppe Conte accuse les institutions à quelques mois des européennes avec des menaces à peine voilées.

« l’histoire montre que tout peut arriver lorsque le peuple est déçu et se sent maltraité. Nous devons fixer les règles du jeu économiques. Pour soutenir des gens ordinaires, il nous faut des règles pour remettre au centre l’être humain, les familles les communautés. Il faut arrêter de confondre la fin et les moyens, comme nous l’avons fait si souvent. Nous avons besoin d’un nouvel humanisme. »

Il rappelle aussi l’attachement de son pays, l'un des fondateurs de la construction européenne à l'Union européenne, mais dit il « une Europe des peuples pour le peuple et par le peuple ». 

l’Europe du multilatéralisme

En l'absence d'Emmanuel Macron retenu à Paris pour raison d'agenda, de la chef du gouvernement britannique Theresa May en raison du Brexit, c’est le premier ministre espagnol qui défend l’Europe ouverte à la mondialisation. Pedro Sanchez vante la croissance robuste en Espagne, plus de 300 000 emplois créés cette année. Mais c’est une habituée de Davos, venue en voisine la chancelière allemande Angela Merkel qui s'est livrée à une défense méthodique du multilatéralisme. 

« Il y a (dans le monde) un courant qui doute du multilatéralisme. Pour lui  tout ira mieux si chacun pense à soi et se dit : je m'occupe d’abord de mes propres intérêts, et au final tout le monde se portera bien…. J'en doute fort »

Cette Europe fracturée entre protectionnisme et multilatéralisme est à l’image de l’opinion publique européenne, très partagée : seuls 6 européens sur 10 voient la mondialisation en positif, alors qu’ils sont 9 sur 10 en Asie et en Afrique selon une étude présentée cette semaine à Davos par le Forum économique mondial.

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