C'est ce qu'affirme l'ancien maire de Londres Boris Jonhson.

Parmi les arguments qui ont fleuri durant la campagne du référendum : un chiffre agité comme un chiffon rouge par les partisans du Brexit : 350 millions de livres, c'est ce que verse Royaume-Uni au budget européen, affirme l'ancien maire de Londres, le conservateur Boris Johnson :

C'est une occasion unique dans notre vie de reprendre le contrôle de notre pays, de notre démocratie, de beaucoup d'argent : 350 millions de livres partent chaque semaine à Bruxelles. 

« I want my money back » : c'est ce que dit en substance Boris Johnson... Or son assertion est fausse.

Si on fait les comptes : 350 millions de livres, cela équivaut à 18 milliards par an, ce qui correspond effectivement au montant de la contribution britannique au budget de l'Union Européenne en 2013. Sauf que ce n'est pas la somme versée par la Grande Bretagne.

D’abord, rappellent les experts de l'Institut Breughel et de l'IFRI que j'ai contacté, ce chiffre ne tient pas compte du fameux chèque britannique, un rabais obtenu par Margaret Thatcher en 1984. Cette ristourne est déduite avant même que l'argent ne soit envoyé à Bruxelles.

En réalité Londres ne verse pas 18 milliards par an mais seulement 13 milliards. A cela, il faut encore soustraire près de 4 milliards et demi de livres qui reviennent de Bruxelles au Royaume Uni sous forme d'aides européennes aux régions ou aux agriculteurs. Il y a également des subventions dans le domaine de la recherche. 1 milliards et demi environ. Au final, la contribution nette de la Grande Bretagne elle ne dépasse pas les 7 milliards par an, c'est à dire 130 millions par semaines, presque 3 fois moins que ce qu'affirme Boris Johnson.

Si on annule la contribution financière d'un Etat au budget européen, les partisans du Brexit ont affirmé tout au long de la campagne que cet argent retournait aux services publics. En théorie ça fait plus d'argent dans les caisses de l'Etat qui annule sa contribution, c'est vrai. Dans le cas britannique 7 milliards de livres. Mais il n'est pas sûr que cet argent permette de renflouer la sécurité sociale ou les services publics. En cas de sortie de l'Union européenne, il y aurait également des dépenses à financer : de nouveaux droits de douane par exemple pour les entreprises.

Et puis sortir du marché intérieur européen, ça va compliquer à la fois les transactions économiques, et les mouvements des citoyens. Certains pays qui ne sont pas membres de l’union européenne ont donc choisi de conserver un lien avec l'Europe.

C'est le cas de la Norvège et de la Suisse. Deux pays qui ont un statut de membre associé : ils profitent des avantages du marché unique européen et bénéficient de certaines aides européennes; mais ce n'est pas gratuit, car en échange, eux aussi doivent payer une contribution au budget européen. Dans le cas de la Norvège, elle peut être élevée.

Selon le site britannique Infacts, la contribution financière de chaque norvégien est presque aussi élevée que celle des Britanniques. La Norvège paye cher alors qu'elle n'a pas voix au chapitre. Et elle n’aura pas son mot à dire, tant que son premier ministre ne siégera pas à la table du conseil des chefs d'Etats européens, où se prennent les grandes décisions sur l'Europe.

>> Pour aller plus loin :

Consultez "WHY BRITAIN SHOULD STAY IN THE EU", l'étude de l'institut Infacts

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