Ce matin on reparle du Brexit, le referendum sur la sortie de la Grande Bretagne de l'Union européenne, après le sommet européen de Bruxelles la semaine dernière.

Ecoutez ce qu'en dit le Président Les Républicains de la Région Nord Pas de Calais Picardie, Xavier Bertrand . Il était l'invité de France Inter mardi :

Au sujet d'un éventuel "déplacement de frontière", il est difficile d'être aussi catégorique que ne l'est Xavier Bertrand. Le Président de la Région Nord Pas de Calais Picardie réclame depuis longtemps la révision de ces accords du Touquet (des accords signés par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'intérieur il y a 12 ans). Il n'est pas le seul, car Outre-Manche, certains opposants du Brexit brandissent la même menace. Ils estiment que la sortie de l'Union Européenne remettrait en cause les frontières britanniques. Sauf qu'en l'occurrence,il s'agit d'accords bilatéraux, signés par deux pays, la France et la Grande Bretagne et non par les 28 Etats membres. Si Londres décide de quitter l'Union Européenne, ça ne change pas grand-chose.

C'est donc plutôt un faux pour Xavier Bertrand.

Que prévoient ces accords du Touquet ? Et pourquoi Xavier Bertrand souhaite-t-il qu'ils soient dénoncés ?

Tout d'abord, ces accords autorisent les policiers français à effectuer des contrôles chez nos voisins britanniques et vice versa . Par exemple à Calais, ou à Paris (à la gare du Nord) ce sont des douaniers britanniques qui contrôlent les passeports. A l'inverse à Douvres et à la gare Saint Pancrace de Londres, ce sont des agents français qui effectuent ce contrôle. L'idée il y a 12 ans, après la fermeture du camp de Sangatte, c'était de faciliter les contrôles dans les ports de la Manche et de la mer du Nord. Mais à la longue, le dispositif s'est révélé très défavorable à la France, car le nombre des migrants attirés par la Grande Bretagne a beaucoup augmenté ces dernières années. Or, comme chacun le sait, la Grande Bretagne est une île. Du coup les nombreux candidats à l'émigration restent coincés à Calais. Quant aux demandeurs d'asile, si leur demande est refusée en Grande Bretagne, alors qu'ils sont arrivés par Calais, encore une fois, ils sont renvoyés sur le continent en France . Pour faire face, la France a obtenu une aide financière non négligeable du gouvernement britannique pour gérer le problème migratoire à Calais.

Si la France dénonçait ces accords, qu'est-ce que ça changerait ?

A priori : rien. Cela pourrait créer un appel d'air, car de nombreux migrants auraient la sensation qu'une porte s'est ouverte, alors qu'en réalité la porte suivante reste fermée. Le remède serait donc pire que le mal : c'est ce qu'on estime au Ministère de l'Intérieur. Deuxièmement, si les douaniers français laissent passer les migrants sans visa, ces derniers se heurteront aux policiers britanniques, qui les renverront en France . Et puis cet accord du Touquet, il est lié à toute une série d'accords d'immigration entre les deux pays : il y en a douze au total depuis 1989. Manuel Valls a évoqué l'idée de les renégocier, mais ça pourrait prendre beaucoup de temps.

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