Pas de contrôles aux frontières. Vrai ou faux ?

Contrôle de la frontière et de la police douanière françaises à la frontière France-Italie le 14 novembre 2015 à Ventimiglia en Italie.
Contrôle de la frontière et de la police douanière françaises à la frontière France-Italie le 14 novembre 2015 à Ventimiglia en Italie. © Getty / Murielle Gander Cransac

Au lendemain des commémorations des attentats du 13 novembre, Nicolas Dupont Aignan, président de Debout la France dénonce les accords de Schengen : " Il y a des mesures indispensables à prendre qui ne sont pas prises. La première, c'est le contrôle des frontières nationales. Ce n'est toujours pas fait : on rentre en France comme dans un gruyère."

Pas de contrôles aux frontières. Vrai ou Faux ?

Faux, car ces contrôles aux frontières, ces contrôles stricts, systématiques n’ont jamais été levés depuis les attentats de Paris du 13 novembre 2015.

Cette clause est inscrite dans le code des frontières de Schengen. Cet accord signé en 1985 ne supprime pas les frontières, il se borne à déplacer l’endroit où la frontière joue son rôle de barrière. La France a obtenu l’autorisation exceptionnelle de rétablir ces barrières dans les zones où le trafic frontalier est important. Une autorisation temporaire qui peut être prolongée jusqu’à 2 ans maximum. Elle a été prolongée jusqu’au 26 janvier 2017 en raison de l’état d’urgence et de l’attentat de Nice. Ces contrôles aux frontières ont déclenché l’été dernier des bouchons monstres aux frontières entre la France, l’Espagne et l’Italie. C’est donc un faux pour Nicolas Dupont Aignan.

Les frontières françaises sont-elles trouées comme un gruyère ?

Il faut reconnaitre que ces contrôles sont concentrés sur les grands axes, les autoroutes. Le réseau secondaire est laissé quasiment sans surveillance. Entre les routes nationales, départementales, les chemins vicinaux qui serpentent le long de la frontière, rien qu’entre la Belgique et la France, on compte 1500 points de passages. 400 si l'on exclut les chemins forestiers et agricoles selon le ministère de l’Intérieur. Il faudrait mobiliser des dizaines de milliers de policiers et de gendarmes pour la garder. Aujourd'hui, sur les routes la plupart des policiers se contentent souvent de contrôles au faciès, assez aléatoires.il n' y pas de contrôle d'identité systématique. En fait, les contrôles les plus efficaces sont réservés aux aéroports et à certains trains internationaux, comme le Thalys entre la France et la Belgique.

Construire des murs, la solution ?

Une solution difficile et couteuse. De toute façon établir des contrôles très stricts aux frontières, on peut se demander ce que cela aurait changé dans le cas des attentats du 14 juillet, car l'auteur des attentats habitait Nice, autrement dit il n’a traversé aucune frontière pour commettre ses crimes. Pour lutter contre le terrorisme, les experts le disent, il faut améliorer la coopération entre les services de polices et de renseignement. Or si la Commission européenne a son mot à dire sur Schengen, la sécurité et le renseignement restent des prérogatives des Etats et des gouvernements qui rechignent souvent à échanger leurs informations ...

Les contrôles temporaires dans l'espace Schengen

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