A partir du 1er mars, trains, bus et tramways luxembourgeois seront totalement gratuits. Une mesure de pouvoir d'achat dont bénéficient également les frontaliers français.

Le tramway du quartier du Kirchberg, à Luxembourg, siège des banques et des institutions financières et européennes, gratuit à partir du 1er mars 2020, comme tous les transports luxembourgeois
Le tramway du quartier du Kirchberg, à Luxembourg, siège des banques et des institutions financières et européennes, gratuit à partir du 1er mars 2020, comme tous les transports luxembourgeois © AFP / HARALD TITTEL / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE

À partir de dimanche, plus besoin de titres de transports, quand on prend le bus, le tram, et même le train au Grand-duché...

Et ça vaut pour les Français ou les Belges qui traversent chaque jour la frontière, ils sont plus de 200 000. Le prix de leurs abonnements va baisser car ils ne payeront plus que la part française du ticket. 

Vaste plan pour la mobilité 

C'est d'abord une mesure sociale pour améliorer le pouvoir d'achat, inscrite dans le programme de la coalition de centre gauche, alliée aux écologistes issus des élections de 2018. Cette mesure choc s'inscrit dans un vaste plan pour améliorer la mobilité. L'idée est de réduire la part de la voiture. Le Luxembourg est le 2ème pays au monde en termes d'équipement automobile derrière le Qatar, avec 660 voitures pour 1 000 habitants, loin devant la France et même l'Allemagne. Un défi ambitieux à relever.

Les transports gratuits, c'est plutôt un signal, une mesure choc pour inciter à changer d'habitudes. Ce qui compte surtout, c'est l'amélioration de la qualité des transports, la ponctualité, la densité du réseau. Au Luxembourg, 4 milliards d'euros vont être investis pour construire de nouvelles gares, acheter de nouvelles rames de trains et des motrices : avec, à la clé, un gros contrat pour Alstom (400 millions d’euros). Quant à la flotte des bus, elle doit passer à l'électrique d'ici 2030. 

Un projet à 4 milliards d’euros d’investissements 

Dans ce petit pays de 600 000 habitants, le plus riche d'Europe si l'on prend le PIB par habitant, le manque à gagner des titres de transports sera réduit : 41 millions d'euros par an compensé par l'État. La superficie du Luxembourg est proche d'une grande agglomération. "Ça simplifie les choses" reconnaît le ministère des Transports du Grand-duché. 

Une première à l’échelle d’un pays 

Seule la ville de Tallinn en Estonie applique la gratuité dans tous les transports depuis 2013. Et ça rapporte même de l'argent : le nombre de résidents de la cité balte a augmenté car la gratuité leur était réservée. Conséquence : les recettes de la capitale estonienne se sont améliorées. Vu le succès, la mesure a été élargie depuis 2018 aux cars et bus de 11 des 15 régions pour lutter contre l'exode rural. En France, une vingtaine de villes ont choisi les transports gratuits (Castre, Niort, Compiègne ou Dunkerque). 

Pollution de l'air ? 

"L’impact en termes de réduction de polluants est lui très dur à mesurer", selon Maxime Huré, maître de conférence à l’Université de Perpignan, "Le quantifier c'est d'ailleurs un enjeu en soi". À Dunkerque, où les transports sont gratuits, la fréquentation a augmenté de 85%, un quart de ces usagers étant d'anciens automobilistes. Un exemple qui n'est pas applicable partout, selon lui : en Île-de-France, le trou à combler serait massif (3 milliards et demi d'euros), alors que le réseau des transports en commun est déjà saturé. La gratuité des transports vaut donc pour de petites villes ou, comme pour le Luxembourg, pour de petits pays.

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