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L’Europe de nouveau sous la menace de la Grèce. Le compte à rebours reprend pour éviter une faillite du pays. Cette semaine, Athènes a été sommée par ses partenaires d’arracher à ses créanciers privés des conditions plus favorables pour effacer une partie de sa dette.

Le gouvernement grec a mené plusieurs plans de rigueur, mais pour le moment sans succès. « Le programme budgétaire grec a dérapé une nouvelle fois », selon Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro. Pour son collègue suédois, « Les Grecs n’ont pas été à la hauteur ». Ils ne parviennent ni à lutter contre la fraude fiscale, ni à lancer les réformes souhaitées, faute du soutien de leur classe politique, qui se prépare à des élections, en avril.

Or, le temps est compté. La Grèce doit rembourser une créance de 14,5 milliards d’euros avant fin mars et elle ne peut le faire sans l’aide promise par l’Europe.

Celle-ci claironne partout qu’elle n’accordera son aide que si Athènes parvient à obtenir de ses créanciers privés l’effacement d’une partie de sa dette…

En résumé, Athènes est obligée de se montrer coopérative avec ses créanciers sous peine de se voir couper les vivres par l’Europe. Difficile de faire pire pour négocier.

- Et cela plombe un peu l’optimisme du début d’année

Depuis deux mois, les marchés semblent se calmer. La France n’a jamais emprunté à des taux aussi bas depuis la création de l’euro et ce, malgré la perte de son triple A. Les Etats européens commencent à mettre de l’ordre dans leurs comptes publics.

Cette semaine, les 27 ministres des Finances se sont entendus sur le Mécanisme européen de stabilité et sur un traité qui durcit la discipline budgétaire.

A cela s’ajoute le « oui » des Croates à l’Europe et le « non » des Finlandais aux eurosceptiques lors du scrutin présidentiel. Sans être euphorique (on pourrait dire « euro euphorique »), il faut reconnaître qu’il y a « en ce début d’année plus de bonnes nouvelles que durant toute l’année 2011 » affirme un porte-parole de la Commission européenne.

Et voilà donc que la Grèce plombe ce regain d’optimisme et menace de nouveau d’entrainer avec elle le reste de la zone euro.

- Que peut-il se passer en cas d’échec des discussions entre Athènes et ses créanciers ?

Si la Grèce fait faillite (on parle de « défaut » pour un Etat), le pire des scénarios serait un effet domino dans la zone euro.

Alors, en ce moment, tout le monde a des idées pour l’aider à renflouer ses caisses. On demande aux Grecs de vendre les bijoux de famille, de faire payer l’Eglise ou l’armée. Quant aux entreprises, elles sont priées de venir investir dans un pays qui entame sa quatrième année de récession et où les habitants ne consomment plus. Il faut bien le reconnaître, la Grèce a du mal à appliquer ces recettes, malgré les efforts de ses partenaires, comme la France, qui a fourni 5 fonctionnaires d’origine grecque pour aider à la création d’un cadastre.

Pour changer les choses, Il faudrait du temps. Or, la Grèce n’en a pas. A Bruxelles, lundi prochain, les dirigeants européens vont parler croissance et emploi. On leur souhaite de se montrer aussi obstinés que lorsqu’ils exigent rigueur et discipline budgétaire.

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