Au sujet de la riposte militaire après les attaques meurtrières de Paris, voici ce que déclarait le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian, invité hier de la chaine d’informations i-Télé :

Le traité de Lisbonne prévoit une clause de défense mutuelle européenne selon Jean-Yves Le Drian : vrai ou faux ?

Jean-Yves Le Drian à la sortie du conseil des ministres
Jean-Yves Le Drian à la sortie du conseil des ministres © MaxPPP / Christophe Morin

Vrai. J'ai vérifié dans le Traité de Lisbonne. L'article 42 alinéa 7 prévoit bien qu’« au cas où un État membre serait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir ».

Cette clause est assez méconnue. François Hollande l'a invoquée après les attentats meurtriers de Paris. C'était dans son discours la semaine dernière devant le congrès à Versailles. Le ministre de la Défense l'a ensuite défendue devant ses homologues à Bruxelles. J’ai vérifié auprès de la Commission européenne : cette clause a été activée à l’unanimité. C'est donc un « Vrai » pour le ministre de la Défense.

Pourquoi avoir activé cette clause de solidarité européenne plutôt que le traité de l'OTAN dont la France est membre?

C'est la première fois qu'un pays choisi d'activer cette clause européenne de solidarité mutuelle.

La France aurait tout aussi bien activé l'article 5 du Traité de l'OTAN. Les règles de l'OTAN prévoient en effet qu'une attaque armée contre l'un des membres de l'Alliance équivaut à une agression contre tous les membres de l'OTAN.

La clause atlantique obligerait les alliés de la France à une solidarité forte, militaire.

Elle n'a d’ailleurs été activée qu'une seule fois : par les Etats-Unis après les attentats de 2001. François Hollande a préféré invoquer le Traité de Lisbonne, plus politique selon le site spécialisé Bruxelles 2. Selon le chef de l'Etat, la réponse doit se faire dans un cadre européen.

Concrètement, que prévoit le Traité de Lisbonne ? Vu qu'il n'a jamais été utilisé, c'est un peu flou. Mais disons que le Traité de Lisbonne oblige les partenaires européens à s'engager plus fortement et plus concrètement qu'ils ne le font. C'est à chaque Etat de dire quel soutien il est en mesure d’apporter. C'est donc plus une obligation morale et politique que strictement militaire.

Certains pays vont donner des tentes, d'autres de l'argent, d'autres encore des hélicoptères, du matériel, et certains, comme l'Allemagne, des troupes qui vont relayer les soldats français au Mali.

Pour l'Italie, ce seront des vols de reconnaissance. Le Royaume-Uni et la Belgique promettent des frégates pour escorter le Charles de Gaules, dont les avions bombardent les positions du groupe Etat islamique en Syrie.

Passer de la parole aux actes va sans doute prendre un peu de temps, vues les procédures démocratiques dans la plupart des pays européens. D'autant que tous ne partagent pas forcément la même analyse que François Hollande sur la guerre contre le terrorisme.

►► Pour aller plus loin : le Traité de Lisbonne

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