On vérifie ce matin une déclaration d’Alain Juppé, invité il y a un mois de l’émission « Tous politique » sur France Inter. Il était interrogé le système de prestations familiales en France:

Le maire UMP de Bordeaux affirme d'abord que la natalité en France permet un renouvellement des générations, contrairement à l'Allemagne. Vrai ou faux?

La fécondité reste stable en France
La fécondité reste stable en France © Maxppp / Julio Pelaez

Vrai : la France est bien en tête de peloton de la fécondité en Europe. Selon les années, nous sommes premier ou deuxième, derrière ou devant l’Irlande. Alain Juppé est dans le vrai lorsqu’il parle du renouvellement des générations, car les Françaises ont un taux de fécondité de 1,99 enfant par femme.

C’est tout proche du niveau qui permet ce renouvellement des générations. De ce point de vue, la France est en bien meilleure posture que l'Allemagne, et loin devant d’autres pays comme la Pologne ou la Roumanie. C’est bon notamment pour nos retraites et notre protection sociale.

Alain Juppé affirmait également que les femmes françaises sont sensiblement plus actives que la moyenne en Europe, vrai ou faux ?

Disons que le maire de Bordeaux se laisse un peu emporter par son enthousiasme, mais c’est plutôt vrai.

J'ai vérifié les chiffres de l'institut Eurostat : dans les 28 pays de l'Union européenne, le taux d'emploi des femmes est en moyenne de 59% (contre 69% chez les hommes).

En France, ce taux d'activité est supérieur de deux points à la moyenne européenne, mais, n'en déplaise à Alain Juppé, nous sommes encore bien loin derrière les pays scandinaves.

C’est encore plus net chez les femmes qui ont un enfant de moins de 15 ans : en France, elles sont 72% à travailler, mais 85% au Danemark ou en Suède. Nous ne sommes donc pas le seul pays à cumuler un taux d'emploi et une fécondité élevés.

Est-ce lié à la générosité de la politique familiale comme le dit en creux Alain Juppé ? La France y consacre 5 points de sa richesse. C’est l’un des niveaux les plus élevés des pays de l’OCDE rappelle Olivier Thevenon, chercheur à l'Ined :

Malgré le pessimisme et malgré la crise, on ne constate d’ailleurs pas, en France, de véritable baisse de la fécondité, contrairement aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, à certains pays européens comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal.

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