C'était l’un des moments forts de l’actualité européenne de l’été : l’élection du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker par le parlement européen le 15 juillet dernier.

Ecoutez ce qu’en disait Florian Philippot, eurodéputé Front National sur France Inter :

Florian Philippot affirme d’abord que l’élection de Jean-Claude Juncker est le résultat de petits arrangements entre l’UMP et le PS à Strasbourg. Vrai ou faux ?

C’est à la fois vrai et faux.

Ce qui est vrai, c’est qu’il a fallu que les principaux partis au Parlement européen, s’entendent sur le nom qui devait sortir du chapeau.

Au Parlement européen, le groupe le plus important est celui du centre droit, le PPE, où siègent les députés de l’UMP. Mais il n’a pas la majorité. Le PPE a donc dû négocier un compromis avec l’autre grande famille politique du Parlement, le groupe des sociaux-démocrates. Cette alliance aux allures de grande coalition, c’est très courant chez nos voisins.

Jean-Dominique Giuliani, le président de la fondation Schuman :

Chez les députés français, il n’y a pas eu d’accord. Le vote était à bulletin secret, mais j’ai vérifié les consignes de vote : l’UMP a demandé à ses députés de voter en faveur de Jean-Claude Juncker, tandis que les députés socialistes français avaient pour consigne de s’abstenir. Certains ont même voté contre.

les eurodéputés approuvent l’investiture de jean-claude juncker à la tête de la commission européenne
les eurodéputés approuvent l’investiture de jean-claude juncker à la tête de la commission européenne © reuters

Florian Philippot, l’euro député Front National affirme ensuite que la Commission n’a aucune légitimité populaire: vrai ou faux ?

C’est vrai que les commissaires européens ne sont pas élus directement, mais pas plus que les ministres en France.

Quant à leur chef de file, le président de la Commission, pour la première fois il est issu des rangs du parti qui est arrivé en tête aux dernières élections européennes.

Le Parlement européen ne s’est pas couché devant les chefs d’Etat. Au lieu de se disputer entre eux (les sociaux-démocrates défendant leurs candidat, les libéraux le leur), ils ont fini à certaines conditions par s’entendre pour présenter le même aux chefs d’Etat. Même le leader de la gauche radicale, le Grec Alexis Tsipras a appelé à voter pour Jean-Claude Juncker qui est pourtant un chrétien démocrate. Du coup les dirigeants européens n’ont pas eu d’autre choix que de le nommer.

C’est vrai qu’il reste beaucoup à faire en terme de démocratie européenne : il faudrait un programme, des primaires peut-être, mais on ne peut pas dire que la Commission européenne n’a aucune légitimité populaire.

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