En Europe les restrictions de voyage sont à la carte. La libre circulation est elle devenue un mirage ?

Début aout, le mouvement de panique est parti de Belgique qui a appliqué les critères de son comité scientifique, sans tenir compte des conseils de l’organisme européen de santé. En retour, les mesures de rétorsions n'ont pas tardé, d’autant que nos voisins d'outre quiévrain se sont mis à développer des clusters significatifs à Anvers en particulier. Actuellement, chacun se juge en droit de classer telle ville, telle région, tel pays comme un danger. Des zones sont jugées vertes par tel pays, alors qu'un autre la verra rouge. L’Allemagne émet un avertissement pour Bruxelles, ce que n’a pas fait la France. La Hongrie a interdit l’entrée de son territoire à tous les citoyens européens. Même casse-tête pour la quarantaine : en Irlande, la quatorzaine est obligatoire même en cas de test négatif alors qu’en Grèce, on fait passer des tests aléatoires à l’arrivée, et si le test se révèle positif, le voyageur reste enfermé dans un hôtel. Autre exemple en Belgique, la quarantaine est obligatoire mais seulement au bout de 48 heures dans le pays. 

La libre circulation, un souvenir d'avant Covid ?  

Aujourd’hui, la libre circulation des personnes n’est plus qu’un lointain souvenir. Le marché intérieur se cloisonne. Des secteurs entiers de l'économie, comme le tourisme et les transports sont en plein marasme. D'autant que les règles changent parfois brutalement et sans concertation. Pour se repérer dans ce labyrinthe, il existe des sites internet de conseil voyageurs. Sous la poussée de l’Allemagne et de la France,  la commission européenne propose de se baser sur les calculs du centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECPC), basé à Stockholm pour établir des seuils harmonisés de contamination, de cas positif et d'hospitalisation.  L’idée c'est que l'Ile de France par exemple soit classé en rouge pour tout le monde au même moment, mais aussi que la quarantaine soit la même partout : actuellement c'est 7 jours en France, 5 en Allemagne.

Plusieurs pays dont la France proposent aussi la mise en place de corridors sanitaires, afin de fluidifier les relations entre les pays qui ont le un niveau similaire de contamination. Or, établir une carte commune semble compliqué, alors que les Etats ne mesurent pas le niveau de contamination de la même façon. "Il faut aller vite en pleine vague de reconfinement, selon un porte parole de la Commission, sans remettre en question la souveraineté des Etats en matière sanitaire". Bref la zone d'atterrissage n'est pas très claire.

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