Monnaie euro
Monnaie euro © mammal

Dans quelques jours, l’euro aura 10 ans. Le premier janvier 2002, les pièces et les billets entraient dans notre porte-monnaies. Dix ans, ça se fête, mais le cœur n’y est pas !

Quand on voit les mines préoccupées de ceux qui cherchent à sauver l’euro, on a du mal à croire à l’ambiance de fête qui régnait il y a 10 ans. Feux d’artifice, lâchers de ballons bleus, et files d’attente au guichet : on se précipitait pour échanger les tout premiers euros. Souvenez-vous, ils valaient 6,55 francs. Chacun saluait une victoire de l’Europe. Enfin, l’utopie d’une monnaie unique devenait réalité, une monnaie qui allait renforcer le sentiment d’appartenance européen.

Dix ans plus tard, c’est la gueule de bois. La crise a douché les ardeurs des Polonais ou des Tchèques à rejoindre le club. Pas un bouchon de champagne ne sautera pour l’euro.

Aujourd’hui, le seul fait que la monnaie unique passe Noël est déjà salué comme une bonne nouvelle.

- Pourquoi ce peu d’entrain ?

On a été trop vite, trop loin, on a étendu une zone monétaire trop rapidement. En dix ans, nous sommes passés de 11 à 17 pays membres. Or, ce qui en jeu aujourd’hui, c’est la survie de l’euro. A la première crise majeure, on s’aperçoit qu’il y a des dissensions entre les pays : certains souhaitent plus d’austérité, comme l’Allemagne ; d’autres veulent un peu plus d’inflation.

Ce qui inquiète les marchés, c’est que les Européens ne sont pas capables d’avoir une réponse harmonieuse, alors qu’ils ont choisi la même monnaie. Il y a un repli nationaliste, alors qu’on a fait le choix d’une monnaie unique.

Pour lutter contre les doutes des marchés, les Européens ont promis, lors du dernier sommet, plus de discipline budgétaire. Il faut respecter les règles de Maastricht. Cela passe par la création d’une règle d’or, mais cela ne suffira sans doute pas. L’Espagne, qui remplissait totalement les critères de Maastricht, a dérapé, tandis que l’Allemagne qui n’a pas tenu ses engagements, s’en sort mieux. Sans doute faut-il réinventer les règles.

A quand un Ministre des Finances européen ? Pour l’ancien président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, la voie est étroite, mais elle est toute tracée : « Il semble de plus en plus audacieux de ne pas envisager la création de ce ministère dans le futur »

- Parmi les reproches faits à l’euro, la monnaie unique aurait provoqué la flambée des prix, alors peut-on chiffrer cette hausse ?

Qui n’a pas comparé le prix de sa baguette en euro avec ce qu’elle lui coûtait en francs il y a dix ans. L’UFC Que choisir vient de faire les comptes : c’est deux fois plus que l’inflation. Mais pour se payer cette baguette, le salarié payé au Smic travaille aujourd’hui vingt secondes de moins. 85% des Allemands restent persuadés que le passage à l’euro a entraîné une hausse des prix.

Avec la crise, ses inconvénients sautent aux yeux, mais il faut peut-être en rappeler les avantages : une seule monnaie, c’est évidemment plus pratique lorsqu’on voyage ; en dix ans, l’euro a assuré à ses 330 millions d’utilisateurs une inflation maîtrisée. Et il y a le symbole : l’identité européenne que l’euro est censé cimenter.

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