Le nouveau premier ministre grec Alexis Tsipras veut renégocier avec ses partenaires européens la dette grecque qui dépasse les 320 milliards d’euros.

Voilà ce qu'en disait le député UMP Bruno Le Maire (sur Europe 1) dimanche dernier :

Bruno Le Maire affirme que le poids de la dette grecque pour chaque contribuable français est de 660 euros. Vrai ou faux ?

Les montants varient, mais sur le fond, c'est vrai : la dette grecque n'est plus détenue aujourd'hui par les banques, par les assurances, mais elle est détenue aux 3/4 par les Etats de la zone euro et par la Banque Centrale Européenne, autrement dit par les contribuables principalement allemands et français.

le taux de participation à l'échange de dette grecque atteint 85,8%
le taux de participation à l'échange de dette grecque atteint 85,8% © reuters

Tout cela n'est pas arrivé en un seul jour : en 2010 puis en 2012, la France participe aux deux plans de sauvetage de la Grèce avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international. Il y a eu des prêts bilatéraux puis des garanties : chaque Etat s'est engagé à couvrir les fonds mis en jeu par le Fond européen de stabilité financière.

Quant à la contribution de la France, les économistes estiment qu'elle est d'un peu plus de 40 milliards d'euros.

Autrement dit : environ 650 euros par Français. On peut donc dire que Bruno Le Maire a raison.

650 euros, cela parait finalement assez peu. Mais en fait, tout dépend des hypothèses et du périmètre.

Sans entrer dans le détail, il n'y a pas que la dette. Il y aussi l'exposition de la Banque centrale européenne en cas de faillite, elle va répercuter sur les pays qui participent.

Par ailleurs la France est aussi exposée à travers la Banque de France, (idem pour les Allemands à travers la Bundesbank).

Si on additionne tout ça, ce n'est pas 40 milliards d’euros mais 55 milliards que le contribuable français aurait à couvrir en cas de faillite. Dans le pire des cas, chaque Français aurait donc à rembourser autour de 900 euros.

Et si la Grèce ne peut ou ne veut plus rembourser sa dette ?

Si la Grèce refuse de rembourser ou qu'elle sort de l'euro, elle pourrait faire défaut, car la nouvelle drachme va se dévaluer par rapport à la monnaie unique européenne, et la dette que la Grèce aura à rembourser augmentera d'autant. Du coup, elle va devenir insolvable, mais ce risquel'économiste Eric Dor le relativise :

Il va falloir faire preuve d'inventivité, car annuler la dette en partie ou en totalité, tous les créanciers de la Grèce sont contre: la France en premier.

La France est prête à voir le poids de la dette grecque allégé mais pas à annuler une partie de cette dette : c’est ce qu’a déclaré hier le ministre des Finances Michel Sapin, en attendant que le débat soit véritablement ouvert avec Athènes sur le sujet.

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