Comme un revival de House of cards à la Commission européenne.

Martin Selmayr, chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, avait été promu au poste de secrétaire général sans être mis en compétition avec d'autres candidats
Martin Selmayr, chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, avait été promu au poste de secrétaire général sans être mis en compétition avec d'autres candidats © AFP / OLIVIER HOSLET / POOL

"Raspoutine", le Mazarin ou encore le "Prince de la nuit", voilà quelques uns des surnoms de cet allemand de 47 ans, ancien chef de cabinet du président de la Commission, rebaptisé aussi le Franck Underwood européen. Comme le personnage de la série américaine, on lui reproche d'avoir gravi les marches du pouvoir européen à une vitesse record, grâce à des jeux de pouvoir jusqu'à obtenir l'un des plus haut postes à Bruxelles. 

Que lui reproche t on  ? 

Début février, ce personnage de l'ombre a été bombardé numéro un de l'administration européenne. Les commissaires européens ont eu neuf minutes en tout et pour tout pour approuver le départ de son prédecesseur et approuver sans consultation son parachutage au poste de secrétaire général : un poste clé car le secrétariat général est la tour de contrôle de l'exécutif européen. Martin Selmayr devient ainsi le plus haut fonctionnaire européen.   

Enquête officielle du Parlement européen 

Les règles habituelles pour la nomination de hauts fonctionnaires européens n'auraient pas été respectées. 

A tel point que certains dénoncent l'opacité de cette nomination expresse.  Plutot que d'éteindre l'incendie, l'exécutif européen a constamment nié, mais l' imbroglio tourne à l'affaire politique : certains eurodéputés dénoncent un "coup d'état minutieusement préparé". Le parlement européen a ordonné une enquête officielle et le commissaire européen chargé des ressources humaines, G. Oettinger a été convoqué pour rendre des comptes cette semaine devant une commission parlementaire.  Sa présidente l'allemande CDU Ingeborg Grässle explique :  "Que l'ancien secrétaire général ait annoncé son départ à la retraite et que l'on ait appris au même moment, dans la même réunion, la promotion de son successeur...c'est ce qui nous pose le plus problème. on ne se sent pas vraiment pris au sérieux.  et que personne au sein du collège des commissaires n'ait trouvé tout cela étrange, que personne n'ait protesté... voilà qui suscite un grand nombre de questions auxquels nous souhaitons que vous répondiez." 

Face aux critiques dans son propre camp (le parti populaire européen) Jean Claude Juncker a menacé de démissionner si M. Selmayr devait être démis de ses fonctions. Pour les enquêteurs du parlement, la commission européenne n'a pas respecté les règles. Pour autant les eurodéputés sont restés modérés dans leurs critiques : ils ne réclament pas la démission de Selmayr... A un an du Brexit et des élections européennes, pas question de voir cette affaire en jeu de massacre politique.

"

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.