Au sujet du bras de fer qui s'est dénoué cette semaine entre la Commission européenne et le gouvernement Valls à propos du budget de la France pour 2015, voici ce qu'en disait lundi dernier l'ancien premier ministre UMP François Fillon invité d’Europe 1 :

François Fillon affirme d'abord que tous nos voisins réduisent leur déficit, sauf nous. Vrai ou faux ?

le premier secrétaire du ps ne croit pas à l'objectif de déficit à 3% du pib fin 2015
le premier secrétaire du ps ne croit pas à l'objectif de déficit à 3% du pib fin 2015 © reuters

Vrai, à peu de chose près. L'an dernier, tous les pays de la zone euro, y compris la France, ont promis de réduire leur déficit. Et la plupart, c'est vrai, ont tenu cette promesse.

J’ai vérifié : dans les projets de budget envoyés à Bruxelles le 15 octobre par les 18 pays qui ont adhéré à l'euro, le déficit baisse d'une année sur l'autre. C'est le cas au Portugal, en Slovénie, en Espagne, en Grèce, en Irlande et en Italie.

L’Allemagne, toujours bon élève, prévoit même le retour à l'équilibre. Autrement dit : 0 déficit.

Mais il y a quand même quelques exceptions : la Belgique et l'Autriche par exemple, dont le déficit grimpe à nouveau cette année.

La différence avec la France, mais elle est de taille, c'est que ces deux pays sont déjà dans les clous des 3% de déficit autorisés.

Donc dans l'ensemble, François Fillon a raison.

François Fillon affirme aussi que la France et l'Italie sont sur la même ligne politique, mais que contrairement à nous, les Italiens seront dans les clous dès 2015 : vrai ou faux ?

C’est vrai : l'Italie est bien dans les clous des 3% cette année.

Mais il est toujours assez difficile de comparer deux pays comme la France et l’Italie, car les budgets et les dépenses publiques sont assez différents des deux côtés des Alpes note l'économiste Gregory Claeys, chercheur au think tank Breughel à Bruxelles :

Si Matteo Renzi, le président du conseil italien, affiche volontiers ses réussites en matière de déficits, il faut rappeler que comme François Hollande, il a reçu une lettre de remontrance de la Commission européenne. Mais en ce qui concerne l’Italie, c’est à cause de la dette, trop élevée par rapport aux critères européens : plus de 130% contre 95% pour la France. C'est à peu près équivalent au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, ce qui nous permet d'emprunter de l'argent très bon marché.

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