Les campagnes présidentielles ont toujours été riches en scandales... Le vrai/faux de la campagne par Frédéric Métézeau

Qu'il s'agisse de rumeurs et de calomnies ou qu'il s'agisse de faits constitués, les campagnes sous la Vème République ont toujours été riches en scandales
Qu'il s'agisse de rumeurs et de calomnies ou qu'il s'agisse de faits constitués, les campagnes sous la Vème République ont toujours été riches en scandales © AFP / François NASCIMBENI

Le candidat de la droite et du centre en campagne avant-hier soir à Charleville-Mézières dans les Ardennes a dit, encore une fois, qu'il était victime d'attaques inédites :

Du jamais vu sous la Vème République

Vrai ou Faux ?

Faux ! François Fillon est pourtant cultivé et passionné d'histoire mais là, franchement, il force le trait. Qu'il s'agisse de rumeurs et de calomnies ou qu'il s'agisse de faits constitués, les campagnes sous la Vème République ont toujours été riches en scandales. Pour nous en convaincre, nous avons contacté notre "spécialiste maison", Benoît Collombat de la direction de l'investigation à Radio France et auteur de "Cher pays de notre enfance" avec le dessinateur Etienne Davodeau. Nous avons repris avec lui les plus célèbres : au rayon des calomnies, des rumeurs ou des "montages" il y a l'affaire Markovic en 1968 - 1969 qui pollue la campagne de Georges Pompidou ; en 2007, l'affaire Clearstream ébranle Nicolas Sarkozy accusé à tort de détenir un compte bancaire à l'étranger.

Et au rayon des faits constitués ?

C'est le cas de l'affaire Schuller-Maréchal en décembre 1994, une ramification de l'enquête tentaculaire du financement occulte du RPR. Une tentative de corruption dont le Premier Ministre Candidat Édouard Balladur aurait eu vent. Pendant tout le septennat de Jacques Chirac et pendant la campagne de 2002, le Président est au cœur de l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Intouchable pendant son mandat mais durement attaqué par l'opposition il est finalement condamné en décembre 2011.

L'affaire inclassable des diamants de Bokassa...

Ces plaquettes de diamants offerts par le tyran centrafricain à Valéry Giscard d'Estaing quand il était ministre des finances. Ces révélations le poursuivent pendant toute la campagne de 1981, des faux-diamants recouvrent ses affiches, enquête et contre-enquête dans la presse...

François Fillon n'est donc vraiment pas le premier pris dans lessiveuse des affaires pendant une campagne électorale...

Une autre inexactitude dans le propos de François Fillon ?

Dans un extrait de son discours à Charlevilles Mézières, le candidat parle de "barbouzeries sous la IVème République". Or le terme barbouze pour parler des agents secrets et des coups tordus est né sous la Vème République gaulliste, en 1961 nous précise Le Robert dirigé par notre ami Alain Rey.

Ce genre d'enquête journalistique autour d'un candidat en campagne n'a donc rien d'inédit sous notre République. En voulant se poser en victime François Fillon force le trait. Rappelons que l'enquête préliminaire est toujours en cours à propos des emplois de Pénélope Fillon et de deux de ses enfants aux côtés du candidat François Fillon.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.