En 1969, la multiplicité de candidats à gauche avait abouti à un deuxième tour entre deux candidats de la droite

Et au 2ème tour de l('élections présidentielle de 1969, il n'y avait plus de candidats de gauche
Et au 2ème tour de l('élections présidentielle de 1969, il n'y avait plus de candidats de gauche © Getty / Keystone-France

Le Point de cette semaine, le Figaro de jeudi, plusieurs radios évoquent ce spectre qui hante encore l'histoire de la gauche. Moins douloureuse que le 21 avril 2002 car plus lointaine, effacée par la victoire de François Mitterrand en 1981, la présidentielle de 1969 est pourtant un choc pour la gauche socialiste.

Dimanche 1er juin 1969, sur la première chaîne de l'ORTF, on annonce les résultats :

Le gaulliste Georges Pompidou et le centriste Alain Poher sont qualifiés pour le second tour. Le communiste Jacques Duclos recueille plus de 21% des voix. Gaston Defferre, candidat de la SFIO fait à peine 5% des voix.

La gauche socialiste est éliminée, deux tendances de la droite se retrouvent au second tour

Ce scénario catastrophe est celui que prédisent un certain nombre d'éditorialistes. Mais 2017 n'a rien à voir avec 1969. L'élection présidentielle de 2017 devrait se dérouler comme prévu, à la date prévue, avec plusieurs mois de campagne à fortiori avec les primaires.

Rien à voir avec 1969 : le général de Gaulle démissionne le 27 avril, le premier tour se tient le 1er juin après juste un petit mois de campagne. Les gaullistes sont au pouvoir et l'Assemblée nationale est bleu-horizon, le Parti Communiste est bien plus puissant, bien plus implanté que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, il n'y a pas d'extrême-droite forte comme le Front National qui concurrence autant la droite que la gauche.

A quoi ressemblent les socialiste en 1969

Frédéric Savicki, professeur de sciences politiques à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, nous rappelle qu'à l'époque la SFIO n'est pas sortante, son candidat Gaston Defferre mène une campagne très centriste et très opposé aux institutions de la Ve République. Un positionnement qui n'est ni celui de Manuel Valls ni celui de Benoît Hamon.

Pour l'instant, donc, le parallèle ne tient pas. Les résultats de 2017 seront-ils les mêmes que 1969 ? C'est à voir. Mais 1969, c'est en quelque sorte une défaite fondatrice pour les socialistes, une défaite-électrochoc qui marque le début de la recomposition et de la longe route vers 1981.

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