Depuis l'automne dernier, les plans sociaux se succèdent. PSA, Renault, Arcelor-Mittal… toutes ces grandes entreprises ont promis des départs volontaires, mais pas de licenciements secs. Pour le moment, il y a des candidats pour partir. On nous dit que nous vivons la pire crise économique depuis les années 30 et certains sont prêts à quitter leur place au chaud pour se risquer dans la tourmente. C'est le cas de Pierre, un jeune cadre de la banque d'affaires Natixis. Pierre veut monter sa société de conseil. La crise ne lui fait pas peur (interview). Adrien part avec à peu près un an de salaires. Il a eu du mal à convaincre sa direction. Les entreprises espèrent plutôt faire partir les plus anciens, qui ont de plus gros salaires. Le discours sur l'emploi des séniors est passé au second plan avec la crise. Stéphane Delaveau a 58 ans. Il a aussi pris son chèque de départ chez Natixis (interview). Le week-end, Stéphane couvre des rencontres sportives pour la presse régionale. Il va donc reprendre une petite agence de presse. Autre exemple, Fabrice Lemoeur, un cadre de 57 ans, qui a fait toute sa carrière chez PSA. Il va aussi monter sa boîte pour réparer de vieux ordinateurs (interview). On comprend pourquoi les chiffres de la création d'entreprises explosent. Quels avantages ont les entreprises à privilégier les départs volontaires ? C'est mieux pour l'image de l'entreprise. C'est le moyen d'assurer une relative paix sociale, donc, d'aller plus vite que si les syndicats combattent le plan social. En tant que délégué CGT, Jean-François Jouy siège à la commission de validation des départs de Natixis, en simple observateur. Il est assez surpris de voir que le plan de 800 départs qui vient de se terminer a fait le plein (interview). Sur le plan financier, un plan de départs volontaires coûte aussi cher qu'un plan de licenciement. Et puis il y a la question du choix des partants. Avec un plan de licenciements économiques, il y a des règles de priorité strictes, en fonction de l'ancienneté et de la situation familiale. La direction ne peut pas choisir. Dans le cadre d'un départ volontaire, l'entreprise peut avoir plus de latitude pour encourager certaines personnes à partir et tenter d'en retenir d'autres, même si dans les faits, les chefs d'entreprises se plaignent souvent d'avoir vu « les meilleurs partir ». Les grandes entreprises peuvent faire appel à des cabinets de conseil pour aider les candidats à bâtir leur projet ou à retrouver du travail. Xavier Lacoste est le directeur général d'Altedia, l'un de ces cabinets. Il craint que la crise ne finisse par décourager les volontaires (interview). Hier par exemple, 150 salariés d'une filiale de PSA ont manifesté devant leur entreprise, Gefco à Courbevoie, pour dénoncer un plan de départs volontaires, de faux départs volontaires selon eux. Un reportage de Sara Guibaudo.

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