8 autres établissements de ce genre sont normalement programmés en France. Cette Unité Hospitalière Spécialement Aménagée - c’est son nom - a été construite sur le site de l’hôpital psychiatrique du Vinatier (à Bron, près de Lyon). Le personnel est déjà dans les murs et les patients, eux, vont arriver la semaine prochaine. A l’extérieur, le bâtiment est un peu austère avec des murs d’enceintes en béton, et avec une sécurité « périphérique », autrement dit, des gardes de surveillants de prison. Mais à l’intérieur, des chambres, bien sûr, des cours-patio, un terrain de sport, et évidemment tout le plateau technique hospitalier nécessaire et surtout le personnel médical et para-médical. En tout, 121 personnes. Car ici, on va recevoir des détenus certes, mais des détenus malades. Des malades que ne peuvent plus gérer les surveillants en prison, explique Emmanuel Chambaud, gardien de prison et responsable syndical à l’Ufap (interview). Chargé du projet d’Unité Hospitalière Spécialement Aménagée : le Docteur Pierre Lamothe, médecin-chef du service médico-psychologique régional de Lyon. Pour lui, il était temps de mettre à disposition des prisons, un nouvel hôpital pour les détenus malades mentaux (interview). A terme, il y aura 60 malades dans cet établissement, pour une région qui compte 7800 détenus. 60 malades répartis dans 3 services : une unité pour les soins individualisés ; une autre, de vie collective où se gèrera le retour en prison ou vers la vie civile et la réinsertion ; une autre unité enfin, de soins intensifs lors des crises aigües. C’est cette unité-là qui ouvrira en premier mardi prochain. Le Dc Eve Bécache la dirige et nous précise s’il s’agit d’un hôpital ou d’une prison (interview). Cette nouvelle forme de soins psychiatriques pour détenus suscite aussi des critiques, notamment du côté de l’Observatoire International des Prisons. L’OiP estime en effet, qu’il s’agit là de la consécration et de l’installation des détenus malades-mentaux dans la prison. Ce que l’association redoute par la voix de sa déléguée à Lyon, Céline Reimeringer (interview). A l’inverse, d’autres critiques portent sur le nombre trop restreint de lits-de-ce-type, 60 à Lyon pour commencer. Trop peu, avec trop peu de moyens, pour une population carcérale de 60.000 détenus en France. La réponse du Dc Lamothe : c’est toujours mieux que rien ! Alors, 8 autres U.H.S.A. ou hôpitaux-prisons étaient programmés d’ici 2012, pour en tout 748 lits ; étaient… parce qu’a priori, et pour des raisons budgétaires, seule Rennes, pourrait voir le jour dans les délais… A Lyon, l’ouverture aux patients-détenus est prévue pour mardi prochain. ____Un reportage de Claude Cordier, avec Chantal Nouvelot, à Lyon.

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