Le 1er décembre, c’est donc la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Avec 90% des cas, l’Afrique est le continent le plus touché par cette maladie. Au Cameroun, 5,1% de la population est séropositive. Un chiffre qui se stabilise depuis près de 10 ans. Et un pays où une prise en charge performante et constamment évaluée permet de mieux vivre avec le virus. A l'hôpital central de Yaoundé, existe le centre de référence pour la prise en charge des malades séropositifs ou malades du SIDA. Il y a foule dans les couloirs comme chaque matin. Certains sont venus très tôt. Alors pour les faire patienter, des agents communautaires délivrent des conseils sur la prise du traitement notamment (extrait d’un cours de santé publique). Pauline Mbala, chargée d'accueil, appelle les malades pour les aiguiller (interview). Aujourd'hui, 70 000 personnes sont sous traitement anti-rétroviral au Cameroun, soit 40% de celles qui en ont besoin. Mais ce traitement est gratuit grâce à l'aide du fonds mondial de lutte contre le SIDA. Angèle a 29 ans et 3 enfants. Elle a découvert sa séropositivité lors de son dernier accouchement. Rejetée par ses proches, elle bénéficie du traitement gratuit mais pour les examens, difficile de trouver l'argent (interview). En raison des ressources limitées des habitants, le Camerou a suivi les recommandations de l'OMS : il a décentralisé les soins, dans 131 unités de prise en charge et 23 centres de traitement agréés répartis dans le pays et instauré le suivi allégé. Le Dr Charles Kwanfack, chef de service à l'hôpital central de Yaoundé, explique en quoi cela consiste (interview). La stratégie c’est donc de donner le traitement sans connaître la charge virale du malade ni son niveau de défense immunitaire. N'est-ce pas risqué sur le long terme ? Est-ce que des résistances ne vont pas se développer et rendraient les médicaments sans effet sur le virus ? La question est posée… C'est pour cela qu'une étude est en cours, financée par l'agence nationale de recherche sur le sida. Eric Delaporte, professeur de maladies infectieuses à l'université de Montpellier, en est le coordonnateur français (interview). Cette étude est d’autant plus importante que le Cameroun est le pays de la diversité génétique du VIH. C’est là qu’on trouve le plus de variants du virus au monde. _____Un reportage de Sophie Bécherel.

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