Un reportage signé Danielle Messager En cette journée mondiale de lutte contre le Sida, on parle beaucoup du nombre de nouvelles personnes contaminées par le virus : 6 700 en France l'an dernier, on évoque les traitements, les tests de dépistages rapides qui arrivent, mais on oublie souvent ceux qui ont été infectés il y a longtemps et qui peuvent être lourdement handicapés. Pour l'instant, une seule structure avec une telle offre de soins existe en France pour les accueillir. Elle se trouve à Saint-Denis, où Danielle Messager est allée. De la musique, voilà ce qu'on entend en entrant dans cette maison d'accueil spécialisée. Et imaginez la scène : des malades du Sida qui dansent en fauteuil roulant ! Oui, en fauteuil roulant, car chez plusieurs centaines d'entre eux, le virus a entrainé de lourdes séquelles. Ces malades, auparavant, étaient dans un lit d'hôpital depuis des années, évidemment bien soignés, mais pas stimulés. Beaucoup ne savaient plus rien faire tous seuls. Ici, on les aide à retrouver des sensations perdues, dans une salle où tout est conçu pour se revivre en tant qu'être humain. Et ça, pour Farida, malade contaminée il y a plusieurs années, et aujourd'hui paraplégique, c'est "magique". Interview de Farida Et quand on parle à Farida de l'hôpital "d'avant", pas question d'y retourner ! Pourtant, quand Farida est arrivée, elle était repliée sur elle-même, comme coupée du monde. Pour ces malades gravement atteints, comme pour les malades vieillissants, il faudra impérativement d'autres structures comme celle-ci, dont l’association SOS Habitat est à l’origine. C'est aussi, dans la lutte contre l'exclusion des malades du Sida, un des défis à relever.

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