Après 4 mois de débat public sur la gestion des déchets radioactifs, cap sur l'une des solutions envisagées : le stockage géologique profond. C'est le laboratoire de l'ANDRA, l'Agence Nationale de gestion des déchets radioactifs à Bure dans la Meuse qui étudie la question. C'est dans les entrailles de la terre, à 500 mètres de profondeur que les chercheurs testent la capacité de la roche à confiner la radioactivité le plus longtemps possible. Deux puits ont été creusés. Au fond, plus de 400 mètres de galeries. L'ascenseur met 5 minutes à descendre. Plus on descend plus on remonte le temps. Jacques Pierre Pigué le Directeur du laboratoire (interview). Une couche d'argile de 100 mètres d'épaisseur. C'est une roche dure comme l'explique Eric Sultre de l'ANDRA (interview). Les expériences scientifiques ont débuté avant même le creusement du laboratoire. Depuis 1994, il n'y a pas de déchets radioactifs dans le laboratoire. Les expériences consistent à torturer la roche : comment réagit-elle à la chaleur ? Les colis de déchets seront chauds, comment résiste-t-elle elle au creusement des galeries ? Comment l'eau circule-t-elle dans la roche ? Aujourd'hui l'ANDRA a remis un premier rapport : oui il est possible de réaliser un centre de stockage dans cette couche d'argile. De confiner la radioactivité lorsque les colis de protection des déchets commenceront à fuir. Ce qui à long terme est inévitable. Les explications de Marie-Claude Dupuys, Directrice Générale de l'ANDRA (interview). L'échelle de temps est impressionnante : des centaines de milliers d'années. Et c'est bien cette question qui soucie les populations. Lors du débat public elles ont dit leur crainte. Comment conserver la mémoire de ce stockage ? L'ANDRA tente de répondre. En s'inspirant sur ce qui a été réalisé pour le centre de stockage de la Manche qui lui est en surface. Arnaud Grévoze le Directeur de la Sûreté (interview). Cette option ne rassure pas le public. Le débat a montré que les gens préfèrent un entreposage en sub-surface, moins profondément dans le sol pour les avoir "à portée de main" et ne jamais relâcher la surveillance. Ne jamais oublier. On verra ce que décidera le gouvernement : il doit déposer un projet de loi dans les semaines qui viennent. Un dossier de Nathalie Fontrel, spécialiste des questions d'environnement à France Inter.

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