Toute la journée sur France Inter débat sur la garde à vue, à quelques jours de la réforme sur la procédure pénale. En France, on compte plus de 800 000 gardes à vue pour l'an passé. Le chiffre explose depuis quelques années. Les policiers sont soupçonnés de faire du zèle. Visite sur le terrain, dans un commissariat des Yvelines, à Sartrouville. C'est une visite guidée. Elle passe par le banc sur lequel les personnes sont menottées. C'est à deux pas de la salle des fouilles. Tout près des 8 celulles de garde à vue qui ont retenu 1000 personnes l'an passé, avec, on le découvre cette année, comme dans tous les commissarias, 1/4 de délits routiers, reconnait le commissaire Thierry Hue Lacointre (interview). Lors de cette visite, 3 personnes étaient en garde à vue. Un homme arrêté la veille sur son scooter pour alcoolémie. 1 autre pour outrage sur agent de la SNCF. Une femme convoquée pour un recel de téléphone portable. Les vitres des cellules sont un peu tachées. Les murs sont lacérés par les graphitis. Mais Sartrouvile, 53 000 habitants, a un local de garde à vue modèle, à côté de celui des Mureaux, d'après un avocat du secteur. Et les policiers n'ont pas du tout le même regard que l'opinion publique sur la garde à vue. Pour Thierry Hue Lacointre, placer en garde à vue, c'est comme traverser sur les clous. Depuis la loi de presomption d'innocence de 2001 et son interpretation juridique, les policiers estiment avoir les mains liées (interview). Mais ça n'explique pas tout. En 2003, la culture du résultat commence à monter en puissance. Un an plus tard, de nouveaux délits et de nouvelles priorités de sécurité apparaissent. Parmi lesquelles la conduite sans permis, qui a fait évoluer la population des personnes en garde a vue. Chrisophe Scotti est avocat au barreau de Versailles. A Mantes-la-Jolie, il fait de la permanence pénale (interview). Et les citoyens qui sont placés en garde à vue se plaignent du traitement qu'ils subissent. Thuan Boulay tient un salon de coiffure à deux pas du palais de justice de Versailles. Il y a un peu plus d'un an, il a été placé en garde à vue pour démêler une histoire d'agression. Il sortait tout juste de l'hôpital quand il s'est retrouvé en cellule (interview). A Sartrouville, la dame au téléphone portable et le jeune homme arrêté pour outrage son ressortis avec un rappel à la loi, c'est-à-dire qu'un procureur ou un délégué va leur tirer l'oreille. Elle est restée quelques heures, lui aura passé la nuit au poste. _____Un reportage d’Etienne Monin

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