Bernie Sanders suscite une forme d’enthousiasme.
Bernie Sanders suscite une forme d’enthousiasme. © MaxPPP

En plein cœur des Etats-Unis, l’Iowa est le premier à voter dans le long processus de désignation des candidats à la Maison Blanche. C’est donc le vrai départ de la présidentielle américaine. Après des mois de campagne dominés par l’omniprésent Donald Trump, tous les regards vont se tourner vers ce petit état du Midwest.

L’Iowa représente 1% de la population américaine. Le système de vote, les caucus, est extrêmement compliqué. La participation est donc faible, autour de 20%. Ce vote désigne rarement celui qui sera au final le candidat.

L’électeur de l’Iowa objet de toutes les convoitises

Pourtant, l’électeur de l’Iowa a été l’objet de toutes les convoitises. Le téléphone n’arrête pas de sonner ces jours-ci. Tous le week-end, les équipes des candidats ont fait du porte à porte, le moindre village a le droit à sa réunion publique.

Pour le professeur Goldford, observateur attentif du petit théâtre politique de l’Iowa, il y a là au moins un vrai exercice de démocratie directe__ : "N’importe qui peut aller dans une réunion et interpeller le sénateur Rubio ou Monsieur Cruz : pourquoi dites-vous cela ? Je ne suis pas d’accord, expliquez-vous. Vous pouvez leur parler directement ; Je dis souvent que pendant cette période, si je me retrouve sur un parking avec mes lacets défaits un candidat sera venu me les refaire avant que j’ai le temps de m’en occuper. "

Scrutin serré

Le scrutin s’annonce serré. Dans les deux camps, c’est l’incertitude mais avec une réalité, la campagne a été dominée par les candidats qui veulent bousculer le système et qui séduisent un électorat en colère. L’Iowa n’a donc pas échappé au phénomène Trump, des salles pleines dans les meetings, un accueil de rock star et pour le capitaine Radcliffe, un ancien de la guerre de Corée, pas de doute, c’est le moment Trump.

__

Trump est donc en tête dans les sondages et s’il gagne, ce serait d’autant plus significatif que ce n’est pas une terre facile pour lui. Ici l'électorat est très religieux et plus de la moitié des Républicains qui votent sont des chrétiens évangélistes. Ils soutiennent plutôt Ted Cruz, le très conservateur sénateur du Texas. Un paravent anti-Trump nous dit Greg Baker qui dirige une grande association de familles chrétienne :

"Ça m’inquiète qu’il puisse devenir président parce que vous savez une grande partie des républicains sont guidées par les valeurs de la Bible et Donald Trump ne représente pas cela. Il suffit de l’écouter, c’est vulgaire, brutal, lourd, rien de ce que vous attendez d’un dirigeant."

C’est la foi en Trump contre la foi en Dieu

Chez les Républicains, c’est la foi en Trump contre la foi en Dieu. Les candidats plus classiques vont se battre pour la troisième place. Chez les démocrates, la contestation existe également à l’égard de la grande favorite Hillary Clinton.

Clairement, il y aune dynamique Bernie Sanders. Pour comprendre cet engouement suscité par le sénateur de 74 ans qui s’en prend aux plus riches et veut créer une sécurité sociale à la française, les propos de Jane, bientôt à la retraite et elle croit à nouveau que tout est possible : « Je ressens avec lui que l’Amérique peut retrouver ce qu’elle était dans ma jeunesse. Tout est possible, nous pouvons y arriver, nous pouvons faire descendre de leur piédestal tous ces riches et les obliger à nous rendre tout ce qu’ils ont gagné grâce à nous. Moi, ces derniers temps, j’ai dû prendre dans mon budget nourriture pour me soigner, ce n’est pas comme cela que l’Amérique doit fonctionner. »

Un socialiste peut-il être vraiment candidat à la présidence des Etats-Unis ?

Bernie Sanders suscite une forme d’enthousiasme. Beaucoup de jeunes viennent assister à ses réunions publiques. Mais reste une grande question, un socialiste peut-il être vraiment candidat à la présidence des Etats-Unis ? Le sénateur Georges Courtney n’y croit pas ; c’est pour cela qu’il soutient depuis le début Hilary Clinton : « Si j’étais pur, je serai derrière Bernie, mais je suis réaliste, je veux qu’un démocrate garde la Maison Blanche et je pense que Hillary est celle qui peut être élue. En politique, on avance très progressivement. Avec Bernie Sanders, ce serait un pas de géant dans la direction que nous souhaitons. Avec Hillary, ce sera plus modeste mais avec plus de chances de succès. »

Cette politique des petits pas, Hillary Clinton la détaille dans toutes ses réunions publiques. Elle reste la favorite du camp démocrate. Mais il était inimaginable, il y a encore quelques semaines, qu’elle subisse une telle concurrence.

Verdict des urnes donc la nuit de lundi à mardi avec un facteur à prendre en compte : il pourrait neiger, cela jouerait sur la participation donc sur les résultats.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.