Après presque quatre mois de fermeture, le Louvre ouvrira à nouveau ses portes au public le 6 juillet. Masque obligatoire, gel hydroalcoolique à l'entrée, sens de circulation, pas de vestiaire pour les visiteurs. Le plus grand musée du monde se prépare à une réouverture sanitairement "sécurisée".

L'accueil des visiteurs se fera par la pyramide du Louvre
L'accueil des visiteurs se fera par la pyramide du Louvre © Radio France / Julie Pietri

La "Madame sécurité" du Louvre a des talons hauts qui claquent dans les salles désertes du musée d’ordinaire le plus fréquenté du monde. Leïla Cherif-Hadria, adjointe au directeur, en charge de la surveillance croise la Victoire de Samothrace puis la Joconde, qui paraît comme nue, sans sa foule d’admirateurs. Elle fait partie des rares personnels du Louvre à avoir travaillé sur place durant le confinement. 

"On a tout de suite eu conscience de vivre quelque chose d'exceptionnel et d'être privilégiés dans cet espace tellement beau, que nous n'avons pas le temps de regarder en temps normal : c'est toujours la course". 

Elle raconte avoir passé quelques moments, assise, dans le musée, à observer. "Le parquet qui craque, le bruit de la climatisation, cette résonance... nous n'avons pas l'habitude d'entendre tout ça : le brouhaha est permanent. Nous avons redécouvert le silence. C'était reposant. Mais c'est bien que ça reparte : il était temps". 

Le grand sommeil

Pendant le confinement, en l’absence des conservateurs, trente agents de surveillance ont dû vérifier eux-mêmes l’état des œuvres : présence d’insectes nuisibles, température des salles, humidité. Des rondes sanitaires sont menées quotidiennement. "C'était marrant... avec la lampe de poche : ça donnait un côté un peu enquête", sourit Leïla Cherif-Hadria. "Il y a des oeuvres plus fragiles que d'autres : les peintures, les peintures sur bois. Le palais n'est pas tout jeune, il y a parfois des fuites. Il faut réagir assez rapidement. On était les petites mains sur le terrain, on était contents, j'espère qu'on a fait ça correctement : je pense que oui !" Durant le confinement, l'éclairage a été réduit et certains stores ont été également fermés pour protéger les œuvres. 

Leïla Cherif-Hadria, adjointe au directeur, en charge de la surveillance du Louvre
Leïla Cherif-Hadria, adjointe au directeur, en charge de la surveillance du Louvre © Radio France / Julie Pietri

Le 6 juillet, certaines salles resteront fermées, mais les visiteurs pourront accéder à une grande partie des galeries avec un sens de circulation dans les escaliers et les salles les plus fréquentées et un système de billetterie en ligne pour maîtriser les flux. 

"Il faut qu'on soutienne le musée et qu'on soit là"

Alexandra et Thibault, la trentaine, habitent Lagny-sur-Marne, en Seine-et-Marne. Le Louvre, ils comptaient le visiter juste avant le confinement. Ils ont été les premiers à réserver un créneau horaire pour la réouverture. "J'avais mis une alerte sur mon téléphone ! On voulait absolument faire partie de l'aventure de la réouverture du Louvre. Thibault, c'est son rêve de visiter ce musée. Jusqu'ici, on avait jamais eu le temps. Et là on s'est dit : il faut qu'on soutienne le musée et qu'on soit là", commence la jeune femme, contrôleur des finances publiques. Son mari, chocolatier ajoute : "depuis le temps qu'on voulait le faire... Le premier jour, avec tous les gestes barrière, ça peut être bien. Comme ça, pas trop de monde : on pourra peut-être aller voir la Joconde plus tranquillement !"

Car le Louvre s’attend effectivement à une chute de fréquentation vertigineuse. Au moins trois fois moins de visiteurs que d’habitude, les touristes étrangers représentant habituellement 75 % du public. 

Redécouvrir le musée, sans "trop de gens dans les espaces"

"Je pense que c'est l'occasion de voir le Louvre comme on ne l'a jamais vu... vraiment !" promet Marina Vitali, sous-directrice de la médiation au Musée du Louvre. Elle va profiter de cette moindre affluence pour lancer avec ses équipes des visites guidées gratuites de vingt minutes où il suffira de s’approcher des guides, et de se greffer au gré de ses envies. "La situation qu'on traverse va être aussi l'occasion pour des publics franciliens, français en général, de redécouvrir le musée du Louvre qui est un musée touristique très fréquenté. Parfois, on n'ose pas venir au musée du Louvre parce qu'on se dit qu'on sera avec trop de gens et qu'on ne pourra pas en profiter. Là, on pourra en profiter pleinement !" 

La Joconde, privée de visiteurs depuis près de quatre mois
La Joconde, privée de visiteurs depuis près de quatre mois © Radio France / Julie Pietri

Attirer un nouveau public, plus local, c'est tout l’enjeu pour le Musée du Louvre qui estime avoir déjà perdu plus de 40 millions d’euros avec la crise du COVID. Il compte aussi sur ses mécènes et sur les aides publiques pour rester à flot.

Partez à la découverte des histoires et des aventures des grandes œuvres et des figures qui ont fait Le Louvre, écoutez ce podcast pour toute la famille. Une coproduction France Inter et le Musée du Louvre. 

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