Au pied des montagnes, entre la gare TGV et le grand anneau du synchrotron, un nouveau fleuron technologique est sorti de terre et Grenoble n'en finit pas de célébrer sa naissance. Et pour cause, Minatec c'est d'abord un effort financier important : 170 millions d'euros (pris en charge pour moitié par les collectivités locales et régionale) et 1 milliard d'euros jusqu'en 2010 si on ajoute le budget annuel de fonctionnement. Minatec, c'est aussi le bon élève de l'innovation souhaitée par le gouvernement. Une recherche publique-privée débouchant sur des applications. A Grenoble sont donc rassemblés sur un même lieu des laboratoires du CEA et du CNRS, des industriels de niveau mondial, des start up et des étudiants. Avant les autres, le directeur de Minatec, Jean Therme, avait compris la dynamique nécessaire pour s'imposer au niveau mondial. Concrètement, à Minatec fait que fait-on ? Des micro et des nanotechnologies. C'est devenu le coeur de métier du pôle. A l'origine, le CEA de Grenoble faisait de la physique nucléaire. L'activité ayant été délocalisée dans le sud de la France, le centre a cherché ce qui lui donnerait un second souffle. Trois nouvelles voies, trois demandes sociétales ont été identifiées :les technologies de l'information, de la santé et de l'énergie. Pour l'énergie, quelques exemples: il y a la pile à combustible pour voiture élaborée pour Peugeot, les cellules photovoltaïques qu'on cherche à rendre plus efficaces, et les chargeurs de téléphone portable à hydrogène, trois fois plus autonomes. Là encore, la recherche est guidée par le marché qui serait de 800 millions d'unités vendues par an. C'est encore en s'appuyant sur les compétences du LETI, ce laboratoire en électronique dépositaire de nombreux brevets, que Minatec développe des projets de recherche dans la santé. Les laboratoires sur puce capable de détecter virus, métaux lourds, bactéries en continu chez l'homme ou dans l'environnement, sans délai et sans intervention humaine. C'est sur quoi travaille Pierre le Ber. Les biopuces, les batteries performantes, les objets nanométriques construits atomes par atome qu'est ce qu'on en a à faire ? C'est en gros le message d'un nouveau collectif baptisé OGN "Opposition grenobloises au nécrotechnologies". Ils se sont créé en février. Ils n'ont qu'un slogan "Fermez Minatec". S'ils appellent à manifester ce midi, c'est pour dénoncer le pouvoir de la technologie. Basile Tévin est l'un des membres d'OGN.

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