C'était fin mars. L'Union européenne se décidait enfin à publier une liste noire des compagnies aériennes dites "poubelles", après un été 2005 marqué par une série d'accidents. Une liste pourtant plus symbolique qu'autre chose car pas une des 92 compagnies visées ne se posait sur le sol européen. Cela concerne 300 avions mais pas un effectivement n'a jamais posé une seule roue sur le sol européen. Et parmi les compagnies ciblées, 51 sont immatriculées en République Démocratique du Congo. En fait, tous les spécialistes que nous avons pu joindre pour ce dossier évoquent une première Historique. C'était la première fois que les 25 s'entendaient - même si c'est à minima - sur une liste commune de compagnies dangereuses. Mais ils espèrent surtout que ce n'est qu'un début. Alors l'enjeu aujourd'hui, plus d’un mois après la publication de cette liste, c'est de savoir si malgré tout il peut y avoir un impact sur les compagnies qui vont faire poser des appareils sur le sol européen dès cet été, impact aussi sur les tours opérators évidemment, car c'est en ce moment la haute saison pour les réservations d'avion, avant le grand rush de l'été. Et sur ce point, le député UMP François-Michel Gonnot, ne se fait pas trop d'illusion. Il a été rapporteur de la dernière mission d'information parlementaire sur la sécurité aérienne (interview). Et le grand point d'interrogation comme chaque année, ce sont principalement les vols charters. Il avait été question sur ce sujet de la création d'un label bleu, plus positif qu'une liste noire. Ce devait être l'autre mesure phare en faveur d'une meilleure sécurité dans les airs, à l'image des pavillons bleus dans les stations balnéaires, un engagement volontaire des professionnels du secteur, un engagement pour l'instant fantôme. Eric Laffitte a collaboré au dossier du « Canard enchainé » sur les marchands de soleil (interview). Une liste noire pour le moins limitée, un label bleu encore dans les cartons. Cela fait peu au vu des catastrophes aériennes de l'été 2005. Et toujours pour les mêmes raisons. Jean-Pierre Otelli est pilote d'avion. Il est aussi l'auteur d'un récent ouvrage sur les charters (interview). Autre explication avec le député François-Michel Gonnot (interview). Pour la plupart des experts aéronautiques, Bruxelles ne sera vraiment crédible en matière de sécurité aérienne que le jour où les 25 s'entendront pour imposer des audits indépendants dans les pays jugés à risques à l'image de ce que font les Américains. En attendant, c'est toujours aux passagers de se faire eux même une idée rapide de l'état de l'appareil et de se faire entendre, selon Jean-Pierre Otelli (interview). Un dossier d’Emmanuel Leclère.

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