Cela fait un mois aujourd’hui que le décret renforçant l’interdiction de fumer est entré en vigueur. Plus de tabac pour les 15 millions de fumeurs dans les lieux publics, les entreprises, les administrations, les hôpitaux et les établissements scolaires. Premier bilan. La première conséquence déjà mesurable, c’est un impact en matière de santé publique comme l’explique le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et président de l’Office français de prévention du tabagisme. Mais sur le terrain, la loi est-elle réellement appliquée ? Dans la majorité des cas, ça se passe plutôt bien. Restent quelques « points noirs », notamment dans de très petites entreprises, ou dans quelques établissements scolaires. Mais ce sont des cas marginaux. Evidemment, tout n’est pas encore parfait, notamment dans les gares. Vérification avec Emmanuelle Béguinot, la directrice du Comité national contre le Tabagisme. 175 000 agents de l’Etat sont chargés de contrôler l’application de la loi : policiers, personnels des sociétés de transport, médecins inspecteurs de santé publique ou encore inspecteurs du Travail. Et c’est là où ça coince. De nombreux syndicats refusent de verbaliser les fumeurs. Des inspecteurs du Travail ont même renvoyé leurs carnets de contraventions à la Direction générale du Travail. Pour Lydia Saouli, représentante du syndicat SNUTEF-FSU, c’est une question de déontologie professionnelle. Combien de litiges recensés depuis un mois ? L’association « Droits des non fumeurs » a mis en place un système d’assistance informatique au dépôt de plaintes sur son site internet. Et voilà le résultat, selon Gérard Andureau, le président de l’association. Autre conséquence de ce décret : le « boom » des consultations anti-tabagique et des aides au sevrage, comme le confirme Daniel Garelik, tabacologue à l’hôpital Georges Pompidou. Et le 1er janvier prochain, l’interdiction de fumer devra également s’appliquer aux cafés, tabacs, restaurants, hôtels, discothèques et aux casinos. Un dossier signé benoît Collombat.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.