Les Italiens votent dimanche. La coalition des droites, menée par Silvio Berlusconi, est donnée gagnante, mais de peu. Le Mouvement 5 Etoiles espère tirer son épingle du jeu. Ce mouvement anti système, entré au Parlement il y a cinq ans seulement, est devenu première force politique du politique du pays.

Le mouvement cinq étoiles
Le mouvement cinq étoiles © AFP / NurPhoto / Gabriele Maricchiolo

Mathilde Imberty a suivi la campagne des 5 Etoiles, en particulier dans le Sud et à Naples, la région de Luigi di Maio, le candidat au poste de chef du gouvernement italien pour les 5 Etoiles. Un Sud qui a subi la crise de plein fouet et où la précarité sévit. En témoigne ce jeune couple Anna et Danièle rencontré en marge d’un meeting

Anna : "Je viens de lâcher mon job. Je travaillais 10h par jour dans un magasin pour 500 euros par mois. Ca ne valait vraiment pas le coup !"

Danièle : "Dans ce pays quand on travaille légalement on n’est pas aidé, surtout au Sud. Et on n’a vu aucun changement ces dernières années. Il nous reste Luigi Di Maio pour changer l’Italie !"

Ce n’est plus le moment de sortir de l’Euro

Luigi Di Maio en meeting près de Naples à Pomigliano d’Arco
Luigi Di Maio en meeting près de Naples à Pomigliano d’Arco © Radio France / Mathilde Imberty

Luigi Di Maio qui a méticuleusement préparé sa campagne. Il l’a démarrée très tôt et a sillonné non seulement l’Italie profonde, mais aussi les chancelleries et les entreprises pour rassurer l’Europe et les investisseurs. Il a ainsi, au fil de la campagne, modéré son discours. Aux dernières nouvelles, plus question de sortir de l’Euro. Luigi Di Maio : "Dans le paysage européen, il y a sûrement aujourd’hui de la place en dehors de l’axe franco-allemand, jusqu’ici intouchable. Et l’Italie peut peser davantage. Je  pense donc que ce n’est plus le moment de sortir de l’Euro, c’est le moment d’aller négocier en tant que premier pays exportateur en Europe. L’Italie donne 20 milliards d’euro au budget européen chaque année ; elle doit commencer à se faire entendre."

Di Maio a 31 ans, mais l’apparence du vieux sage. Cheveux tirés en arrière. Costume bien repassé. Aux antipodes du fulminant Beppe Grillo, le fondateur du Mouvement qui lui a passé le relais en septembre dernier. Un candidat tout neuf qui propose de balayer la vieille caste, rien de moins… Et de faire participer directement les Italiens.  

Luigi Di Maio : "La moitié des parlementaires a changé de parti au cours de la mandature ! Nous on veut organiser des référendums auprès des électeurs pour qu’ils tranchent le cas de ces parlementaires. On veut aussi rendre obligatoire l’examen par le Parlement des lois d’initiative populaire."

Économiquement, 5 stelle c'est une dose de libéralisme, une louche de protectionnisme. Pas d’idéologie dominante explique Marc Lazar, politologue, expert de l’Italie : Dans le panorama des populismes européens, le Mouvement 5 étoiles es un produit hybride et inclassable qui combine des propositions de gauche – sur le revenu de citoyenneté par exemple, ou sur l'environnement - et des positions quasiment e droite notamment sur l'immigration et d'ordre. On a longtemps pensé que ce serait quelque chose d'éphémère, mais c'est en train de se structurer et de s'institutionnaliser. Et quand on dit "mais regardez, la maire de Rome est 5 étoiles n'arrive pas à gérer sa ville, ça ne prend pas sur l'électorat."

Di Maio, un candidat tout neuf qui propose de balayer la vieille caste...
Di Maio, un candidat tout neuf qui propose de balayer la vieille caste... © AFP / NurPhoto / Paolo Manzo

Problème pour le Mouvement 5 Etoiles, le système électoral qui leur est très défavorable car le système proportionnel favorise les coalitions. Or les 5 Etoiles refusent de s’allier à qui que ce soit. Même si - là aussi le discours évolue en fin de campagne - Luigi Di Maio évoque des convergences possibles autour de son programme, en particulier le fameux revenu de citoyenneté plébiscité par ses électeurs comme Domenico, auto-entrepreneur napolitain : "Les points prioritaires c’est la lutte contre la corruption, l’abolition des privilèges des parlementaires et surtout le revenu de citoyenneté, sur lequel se base le Mouvement. Ce revenu donne la possibilité à tout le monde, même à ceux qui n’ont pas d’emploi stable, d’avoir des ressources financières et donc d’éviter de se tourner vers le marché illégal pour survivre." 

Sur fond de reprise économique timide, et de méfiance envers la classe politique, les 5 Etoiles espèrent frapper fort dimanche. 

Ils sont crédités de 25 à 30% des voix. Les scénarios sont on ne peut plus ouverts.

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