EDF a notamment créé une unité interne, unique au monde : la force d’action rapide du nucléaire (Farn), qui organise quatre fois par an des simulations grandeur nature auxquelles nous avons pu assister.

Après le tremblement de terre, le tsunami puis l'accident nucléaire à Fukushima (Japon) en 2011, les secouristes cherchent des corps dans les décombres
Après le tremblement de terre, le tsunami puis l'accident nucléaire à Fukushima (Japon) en 2011, les secouristes cherchent des corps dans les décombres © Getty / Photo by Sankei

Dans une ambiance de bataille autour d’un des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Paluel, nichée au bas d’une falaise de la côte normande, des dizaines d’agents en tenue de sauveteurs, des 4x4 jaunes et des camions bleus, survolés par un hélicoptère lourd, qui amènent du matériel. Comme des GIs en plein Débarquement, ils ont fixé une tyrolienne sur la falaise, pour faire descendre un tuyau de pompier qui crache son eau. Objectif de l’exercice : simuler la réalimentation en eau et en électricité d’un réacteur nucléaire en avarie.

Pierre Eymond, directeur de la Farn, force d’action rapide du nucléaire d’EDF commente l’opération :

"Avec le débit d'eau d'un camion de pompiers, on arrive à refroidir un réacteur nucléaire à l'arrêt. Nos collègues japonais ont réussi sur une autre centrale de Fukushima et ça leur a permis d'éviter un autre drame, et c'est ce principe physique que nous utilisons."

La Farn, dispositif unique au monde, a été créée en avril 2011, quelques semaines après Fukushima. Elle regroupe 300 agents spécialisés d’EDF, répartis sur 4 bases en France et en alerte permanente.  

À EDF, la stratégie pour éviter un scénario à la Fukushima est de tout faire pour qu’il n’y ait pas de fuite radioactive dans l’atmosphère. Il faut donc agir avant que la situation ne tourne à la catastrophe. Jean-Marie Boursier, directeur de la centrale de Paluel : 

"Il faut assurer en permanence le refroidissement d'un réacteur et donc il faut tout le temps de l'eau et de l'électricité. Et donc la leçon tirée de Fukushima, c'est que nous avons augmenté nos capacités en eau et en électricité"

À Paluel, ce jour-là en tout cas, l’alimentation en eau et en électricité a été rétablie dans le réacteur supposé être en arrêt. Mais le soir même de l’exercice, les quatre réacteurs de la centrale ont été coupés, (pour de vrai cette fois!) à cause d’un banc de sardines qui s’est infiltré dans les prises d’eau sous-marines. La Farn n’a rien pu faire : c’est une entreprise extérieure qui est venue déloger les poissons... La centrale a été remise en service sans incident majeur deux jours après.

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