Une France des restaurants et des cafés "sans tabac". Yves Bur, député UMP du Bas-Rhin, présente demain une proposition de loi qui vise à interdire de fumer dans tous les lieux publics, comme c'est déjà le cas en Irlande, en Suède, en Norvège, en Italie ou encore à Malte. C'est l'occasion, ce matin, de faire un état des lieux en France, l'occasion également de se demander si la société est prête pour une telle interdiction. Le constat d'abord. Le tabac, c'est 66 000 décès par an en France, dont 3000 dûs au tabagisme passif et c'est donc notamment l'objectif de cette loi présentée demain : protéger les non-fumeurs. C'était déjà l'objet de la loi Evin, entrée en vigueur en 92, loi qui interdit de fumer dans les lieux publics. Des espaces fumeurs peuvent être aménagés si ils sont signalés, isolés, et bien ventilés. Quand ça n'est pas possible et bien c'est tout le lieu qui est censé être non fumeur. La loi a bien fini par être appliquée dans les entreprises, mais ça n'est toujours pas le cas dans l'immense majorité des cafés et restaurants, comme en témoigne Gérard Audureau, président de l'association Droits des Non-Fumeurs. Voilà donc le poids des forces en présence. La proposition d'Yves Bur fait déjà dresser les cheveux sur la tête des buralistes. Les fumeurs doivent conserver des espaces de libertés, dit le patron de leur confédération, René Le Pape. Si on ne peut plus fumer dans les bar-tabac, ça va chauffer ! Interview de René Le Pape. Si l'on en croit le dernier sondage Ifop, qui date du mois dernier, 80% des Français soutiennent une interdiction totale de fumer dans les lieux publics, parmi lesquels, 56% des fumeurs. Un signe que la société évolue. Même le très actif André Daguin, qui représente 80 000 établissements (du café à la boîte de nuit), regrette qu'on n'ait jamais appliqué la loi Evin. Interview d'André Daguin. La société française serait prête pour une solution à l'Irlandaise ou à l'italienne. C'est en tout cas l'avis de Bertrand Dautzenberg. Il est tabacologue, impliqué dans la lutte contre le tabagisme depuis plus de 30 ans. Selon lui si la loi Evin, à l'époque, était en avance sur les moeurs, une future loi Bur serait presque en retard aujourd'hui. Son application pourrait donc se faire assez naturellement. Interview de Bertrand Dautzenberg. La balle est maintenant dans le camp des parlementaires. Pour l'instant, aucune date n'est prévue pour l'examen de la proposition de loi d'Yves Bur. Un dossier de Florence Paracuellos, journaliste au service des reportages à France Inter.

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