La mammographie est aussi recommandée aux femmes de moins de 50 ans
La mammographie est aussi recommandée aux femmes de moins de 50 ans © Institut Curie

Une femme sur huit aura un cancer du sein au cours de sa vie. Le cancer du sein est le cancer le plus répandu en France. Coup d'envoi ce mercredi de la dixième édition d'octobre rose, un mois de mobilisation contre le cancer du sein avec pour thématique le dépistage.

En France, le dépistage est organisé pour les femmes de 50 à 74 ans. Tous les deux ans, elles reçoivent une lettre de la caisse nationale d'assurance maladie ou de la mutualité sociale agricole les encourageant à réaliser un examen des seins et une mammographie couverte par la sécu. Ce dispositif est fait pour les femmes qui ne présentent qu'un facteur de risque : leur âge.

Dépister les femmes à risque de moins de 50 ans

Cette année, une autre catégorie de femmes est visée par la campagne de dépistage : celles à risque élevé ou très élevé. Il s'agit d'amener ces femmes à effectuer régulièrement une mammographie avant 50 ans. Pour l'instant, l'examen n'est pas couvert à 100% comme l'explique Agnés Buzyn. La présidente de l'institut national du cancer évoque le cas des femmes qui sont jeunes et à risque et qui peuvent faire des cancers précoces. Les cancers du sein détectés à un stade précoce peuvent être guéris dans 9 cas sur 10. Plus la tumeur est petite, moins le traitement sera lourd et mutilant.

La chirurgie ambulatoire dédramatise ces actes qui peuvent être mutilants
La chirurgie ambulatoire dédramatise ces actes qui peuvent être mutilants © Institut Curie

Lorsque la tumeur est découverte assez tôt, on peut maintenant la retirer en en ambulatoire ce qui permet aux patientes de ne rester à l'hôpital qu'une seule journée. Par exemple, à l'institut Curie à Paris, un service structuré de chirurgie ambulatoire a ouvert en novembre 2012. Une centaine de femmes y sont opérées chaque mois. C'est le cas de véronique, 36 ans, à qui on a découvert une tumeur en mars dernier. Elle s'apprête à subir un curetage de cette "petite" tumeur pour pouvoir ensuite l'analyser. Pour le docteur Séverine Alerand, chirurgienne et responsable du service de chirurgie ambulatoire à l'institut Curie, l'ambulatoire ne banalise pas la chirurgie mais elle permet de dédramatiser.

L'effet Angelina Jolie

Le dépistage permet aussi d'identifier des femmes porteuses d'une mutation génétique appelée B.R.C.A., mutation qui les expose à un risque élevé de développer un cancer au cours de leur vie. Et pour ces femmes, il y a eu un effet Angelina Jolie. En mai 2013, l'actrice annonçait son choix de se faire enlever les deux seins en prévention. Grâce à la chirurgie, son risque de déclencher un cancer serait passé de 80% à 5%. Pour le professeur Dominique Stoppa Lyonnet, responsable du service de génétique à l'institut Curie, l'effet "Jolie" demeure et aide à évoquer cet acte mutilant mais parfois nécessaire.

L'effet Angelina Jolie a levé un tabou
L'effet Angelina Jolie a levé un tabou © Institut Curie

En France, le dépistage a permis d'identifier plus de 15.000 femmes porteuses d'une mutation BRCA entre 2003 et 2014. Plus généralement, il aurait permis d'éviter entre 100 et 300 décès pour 100.000 femmes y participant pendant 10 ans. Reste la question du surdiagnostic, ces femmes chez qui on détecte une tumeur et que l'on traite alors que cette tumeur n'aurait pas évolué au cours de leur vie. Sur cette question, la recherche avance afin de prévoir l'évolution d'une tumeur mais pour l'instant, une tumeur détectée, elle est forcément traitée.

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