Et si le numérique venait au secours du monde agricole en crise ?
Et si le numérique venait au secours du monde agricole en crise ? © Hélène Chevallier

Après un été marqué par les manifestations des éleveurs et des agriculteurs, Stéphane Le Foll reçoit cet après-midi au ministère de l'Agriculture les producteurs de lait. Une des solutions pourrait être d’accélérer la numérisation des exploitations…

Robots de traite, drones, et autres colliers d'activité font petit à petit leur apparition. On les retrouve ainsi dans l’exploitation de Stéphane Leullieu, éleveur de vaches normandes depuis trois générations dans la Somme. Depuis deux ans, alors qu’il se réveille, c’est d’abord sur son ordinateur qu’il se précipite : "Je viens consulter tous les matins Surveillance-Santé-Mammelle, une plate-forme sur laquelle je peux vérifier les alertes pollution, ou d’infection à la mammite".

Capteurs de chaleur et bracelets d’activité

La mammite est une infection des pies des vaches que sont capables de repérer les deux robots de traite dans lequel il a investi près de 300.000 euros. Stéphane Leullieu et son frère peuvent également compter sur des capteurs de vêlage mais aussi de chaleur pour les aider à surveiller leurs 125 vaches. Le capteur de chaleur est, en somme, comme les bracelets d'activité très à la mode chez les humains pour compter ses nombres de pas, que l’on place sur le cou de l’animal. Il permet par exemple de retrouver via un sms la température de la vache, identifiée par un numéro. Grâce à ces innovations, les deux frères gèrent leur exploitation à deux là où ils étaient quatre il y a quelques années. Outre le temps gagné, ces innovations leurs permettent aussi de passer davantage de temps avec leur famille.

Le corps des vaches scanné par une caméra 3D

Plus loin, à Rennes, dans un des laboratoires de l'INRA, l'Institut national en recherche agronomique, les vaches de Philippe Faverdin ont elle aussi des colliers d'activité. Mais pas uniquement : là bas, les bêtes sont automatiquement pesées tous les jours, leur corps scanné par une caméra 3D et leur alimentation distribuée par des robots. Sur ce site sont également réalisées des recherches sur l'alimentation de précision. Philippe Faverdin et son équipe tentent ainsi de comprendre pourquoi deux vaches qui reçoivent la même alimentation n'ont pas la même production de lait.

Des innovations inaccessibles pour certaines exploitations

A l’avenir, explique Philippe Faverdin, ces nouvelles technologies pourraient permettre d'adapter la nourriture à chaque animal pour le rendre plus efficient.

Philippe Faverdin, directeur de recherche à l'Inra :

Cette rationalisation de l’alimentation permettrait d'être plus éco-responsable et puis surtout de faire des économies puisque le poste alimentation représente 60 à 70% des dépenses. Encore faut-il que ces exploitations aient accès à internet. Et qu’elles aient les moyens d’investir : si permettent de faire des économies, ces innovations sont encore inaccessibles pour des exploitations parfois en grande difficulté.

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