Les pays de l'Union Européenne sont réunis aujourd'hui à Bruxelles pour un sommet extraordinaire sur la crise en Géorgie. Ils vont décider quelle position commune adopter face à la Russie. Comment réagissent les Russes ? La Russie ne craint rien. Pour le Kremlin, ce sommet extraordinaire de l'UE sur les relations euro-russes ne débouchera pas sur du concret. Totalement divisés sur l'attitude à adopter face à la Russie, les 27 ne vont pas aller plus loin que des paroles. Le Kremlin est certain d'éviter les sanctions dans un premier temps et reste persuadé que toute cette agitation va se calmer dans les semaines à venir. D'où, les déclarations très dures des officiels russes ces derniers temps, d'après le journaliste indépendant, Boris Toumanov (interview). Assurée de ne pas encourir des sanctions, l'élite russe peut donc officiellement défier l'Occident. Le Kremlin a même, bravement déclaré ne pas avoir peur d'une nouvelle guerre froide. Sommes-nous vraiment au bord d'une rupture entre Moscou et l'ouest ? C'est avant tout de la rhétorique affirme l'expert militaire Pavel Felgengauer (interview). La situation inquiète quand même les économistes en Russie. La bourse de Moscou s'est effondrée lors de la guerre en Géorgie et lors de la reconnaissance russe de l'indépendance de l'Ossétie-du-sud et de l'Abkhazie. Des milliards de dollars ont également quitté la Russie. La limite de cette guerre des mots se trouve donc là. Dans le domaine économique. L'Europe a besoin du pétrole et du gaz russe, la Russie a besoin des investissements occidentaux pour diversifier son économie (Interview de Boris Toumanov). Persuadée qu'elle ne risque aucune sanction et que l'Occident ne sacrifiera pas ses intérêts économiques pour la Géorgie, la Russie s'offre donc actuellement une escalade verbale avec l'occident qu'elle estime sans réel danger. Une mini guerre froide également à usage interne vis-à-vis d'une population russe nostalgique de l'empire et de la puissance soviétique. Un reportage de Bruno Cadène en direct de Moscou.

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