Un reportage de Vanessa Descouraux, avec Raymond Albouy, en direct de Tripoli.

L’avenir de la Libye sera évoqué aujourd’hui lors d’une grande conférence à Paris. Ce ne sont que les prémices d’une nouvelle ère en Libye, forcément confuse au point qu’on se demande, qui dirige actuellement le pays.

Il ne faut pas oublier que la nouvelle Libye est âgée d’une semaine, à peine plus. C’est un nouveau-né à qui on demande d’être mature et responsable. Il y a un gouvernement, le CNT, le conseil national de transition. Certains membres sont à Tripoli, même pas dans des bureaux mais dans un grand hôtel de la ville. Rien que le symbole donne une idée d’improvisation.

C’est d’un hôtel qu’ils travaillent à un retour à la normale. Avec les moyens du bord, par sms.

Chaque jour le CNT envoie des « textos » aux Libyens pour les inciter à reprendre le travail. Tour à tour au secteur de la santé, de l’électricité, à la police.

Mahmoud a reçu le message, il a remis son uniforme.

Le commissariat de Mahmoud a été bombardé par l’Otan. Les voitures et les motos ont été volées. Et quand on lui demande qui est son chef, son supérieur, il ne sait même pas. Voilà un exemple qui illustre le flou qui règne ici.

La seule chose qui soit évidente, c’est que les quartiers ont un rôle prépondérant. Et dans les quartiers, l’endroit où tout se passe, ce sont les mosquées.

La nourriture, l’eau, qui manque cruellement ici. Tout est stocké dans les lieux de prière.

Les imams comme Anouar Chéki - sont incontournables dans ce nouvel état de la débrouille.

Et qui essaie de juguler le problème des armes qui grouillent à Tripoli ?

Encore et toujours, les quartiers. C’est ce qui est marquant ici au quotidien, on ne ressent pas vraiment l’empreinte et l’efficacité du CNT. En revanche, les quartiers ont agi très vite.

Il y a des comités par pâtés de maison, ils deviendront ensuite des comités locaux, puis régionaux. Et toutes les informations devraient mises en commun.

Dans un quartier du nord de tripoli, Omar Neijar tient à jour le fichier sur les porteurs d’armes. Et un jour, il le remettra à la future police

Les administrations commencent à fonctionner timidement. Les banques, la poste. Donc il va falloir reconstruire sur les cendres du régime, car il n’y a eu rien d’autre. Aucune institution sans l’empreinte de Kadhafi.

Pour Oussama Immish, cet ingénieur dans le secteur pétrolier, il faut reconstruire avec les mêmes hommes, ou presque, mais avec un autre système.

La Libye, et le CNT, a besoin de temps. De l’argent, mais la communauté internationale est largement présente. Du temps et surtout l’art subtil de la négociation. Le CNT devra éviter de tomber dans des dissensions de fond ou des dissensions plus régionales entre Benghazi, de Misrata et de Tripoli. Chacune des villes pouvant tenter de revendiquer la victoire.

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