L'eglise Saint-Thomas l'apôtre de Sarcelles
L'eglise Saint-Thomas l'apôtre de Sarcelles © Laëtitia Saavedra

Ils sont 40 chrétiens d'Irak à avoir atterri à Paris le 21 août dernier accueillis par Laurent Fabius. Des irakiens choisis car ils ont de la famille ou des liens avec la France.Tous ont fui leurs villages occupés par les djihadistes de l'état islamique.

Yalda a 53 ans. Il vit depuis dix jours à Sarcelles, en région parisienne. En ce jeudi matin, Yalda assiste à la messe quotidienne dite en araméen, la langue de Jésus, à l'église Saint Thomas Apôtre, la plus grande paroisse chaldéenne d'Europe à Sarcelles.

Cette messe est un geste fort, un cadeau, pour cet homme qui a quitté son pays car il a refusé de se convertir.

Au fond de l'église, les yeux humides, Yalda prie pour ses frères restés en Irak :

Et alors que Yalda serre les mains de ses voisines en signe de paix, ce professeur de français au lycée de Mossoul repense à son départ vers Erbil pour fuir les tortures des djihadistes. Il repense aux explosions et au voyage en voiture avec sa femme et ses 3 enfants traversant le désert pour rejoindre le Kurdistan.

Yalda était un notable en Irak, il avait une grande maison, et lorsqu’on lui demande où il vit depuis 10 jours en France, il est un peu gêné.

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Nous sommes 12 dans un petit appartement, c’est difficile

Le père chaldeen Sabri Anar de l'eglise Saint-Thomas l'apôtre de Sarcelles
Le père chaldeen Sabri Anar de l'eglise Saint-Thomas l'apôtre de Sarcelles © Radio France

Pour décrire ce qu’il a vécu, Yalda parle d’"enfer sur terre". Un enfer difficile à oublier. Un peu plus loin, Christine, 9 ans, a du mal à s'exprimer traumatisé par ceux qu'elle appelle "les méchants".

Le seul homme en qui elle a confiance en France est le curé de la paroisse chaldéenne de Sarcelles.

Le Père Sabri Amar soutient quotidiennement les chrétiens d'Irak :

Ils ont besoin d’être écoutés. Le prêtre est un peu prêtre et un peu psychologue.

Quel statut pour ces chrétiens d'Irak

Depuis qu'ils sont sur le territoire français, ils bénéficient comme tous les demandeurs d'asile, d'un visa temporaire d'une durée de six mois, avec une allocation mensuelle de 300 euros, puis ils devront par la suite demander le statut de réfugiés. En attendant, les nouveaux irakiens de Sarcelles ont été reçus la semaine dernière à la mairie.

Discours, champagne, petits fours, le député maire socialiste de Sarcelles François Pupponi leur a promis de les aider.

Vous serez accueillis de la meilleure façon possible car je sais que ce que vous vivez est un drame.

Et selon la mairie de Sarcelles, les trois familles irakiennes devraient pouvoir aménager dans leurs appartements dans les jours qui viennent.

Beaucoup d’autres chrétiens d’Irak attendent à Erbil

Selon le quai d'Orsay, le consulat d'Erbil a reçu près de 10.000 appels à l'aide, et plusieurs centaines de réfugiés irakiens devraient arriver en France dans les semaines qui viennent,

Pour Elizabeth Gobry, vice présidente de l'Association d'Entraide aux Minorités d'Orient, la situation presse,

Et selon l'OFPRA, l'office français de protection des réfugiés et apatrides, plusieurs centaines de dossiers sont en cours d'instruction en ce moment au consulat général à Erbil, et tout est fait pour accélérer la procédure. Avant l'invasion américaine de 2003, plus d'un million de chrétiens vivaient en Irak, ils ne sont plus que 400 000 sur l'ensemble du territoire.

Famille de chrétiens irakiens qui a fui Mossoul pour se réfugier à Erbil
Famille de chrétiens irakiens qui a fui Mossoul pour se réfugier à Erbil © REUTERS/Ahmed Jadallah
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