Près d'un milliard et demi de Chinois se soignent avec la médecine traditionnelle à laquelle ils ajoutent dans quelques années la médecine occidentale. La MTC est avant tout une médecine de prévention qui a intégré le patient dans un tout. Les médecins occidentaux sont nombreux à venir compléter leur formation.

Les Chinois ont à leur disposition dans les hôpitaux la médecine traditionnelle et la médecine la plus moderne
Les Chinois ont à leur disposition dans les hôpitaux la médecine traditionnelle et la médecine la plus moderne © AFP / Liu Ying / XINHUA

La MTC ou médecine traditionnelle chinoise est un monde fascinant pour les occidentaux où se mêlent l’acupuncture, les ventouses, le Qi Gong, une gymnastique thérapeutique, les massages Tui Na, et la pharmacopée à base de plantes et de champignons. Mais ce qui est le plus frappant quand on rentre dans un hôpital de médecine traditionnelle chinoise, c'est de constater qu'on y existe, non pas en tant que malade, mais en tant que personne. 

Le professeur Shi Xinde, dirige une consultation depuis plus de 30 ans à Pékin, formée à l’occidentale, elle s’est prise de passion pour la médecine de son pays : "La MTC a sa propre façon de regarder la maladie. Elle soigne la personne et fait de la prévention. C’est une médecine différente de la médecine occidentale. La MTC prend en compte le Yin et le Yang, le Qi et le sang, les organes, les entrailles et le liquide organique. On ne regarde pas que la maladie, mais aussi les méridiens. Nous utilisons beaucoup la pharmacopée traditionnelle. Les patients utilisent des mots comme médecine magique, incroyable pour décrire les résultats. J’aime de plus en plus la MTC. Pour soigner chaque maladie, on a le choix entre les deux médecines. Je dis souvent que les chinois ont beaucoup de chance !"  

La MTC est une médecine ancestrale, primitive

Les médecins chinois utilisaient à une époque où il n'y avait pas de technologies.  Aujourd’hui dans les hôpitaux de médecine traditionnelle, les échographies, scanners et IRM sont largement pratiqués, mais le médecin place toujours la personne au centre : regarde son teint, la couleur de la langue, les expressions du visage et il prend le pouls sur les deux poignets. Le médecin interroge précisément le patient beaucoup plus qu’en occident. 

Les études en Chine sont longues comme dans la médecine occidentale, explique le professeur Liu Bayoan : "Les études d’acupuncteur sont semblables aux autres études de médecine. C'est d'abord cinq ans de licence, puis trois ans de master et trois ans de doctorat, donc 11 ans en tout. Selon mes informations, il y a plus de 180 pays dans le monde qui utilisent l’acupuncture. La médecine occidentale l'accepte de plus en plus."

Les médecins étrangers sont nombreux à venir en stage dans les hôpitaux de Pékin

Ils viennent trouver des techniques thérapeutiques pour compléter les traitements occidentaux, notamment pour soigner le cancer. 

Le docteur Patrick Casali est un gynécologue chirurgien français spécialiste du cancer génital de la femme. Il vient en Chine depuis 2007 : "La grande différence c'est qu'avec la médecine chinoise on est dans la prévention, tout le principe de bien-être, de bonne santé à maintenir, d'état d'esprit, une hygiène alimentaire Pour les patientes c'est surtout un complément thérapeutique car, quand je consulte, j'intègre directement la médecine chinoise au sein de la consultation. Ce qu'on vient chercher et qu'on apprend ici en Chine c'est d'une part l'utilisation d'un moyen très simple qui est l'acupuncture. Un deuxième point très fort c'est la l'utilisation de plantes très puissantes en complément des traitements qu'on a en Occident. Naturellement il ne faut pas oublier que le cancer se traite essentiellement en première intention par la médecine occidentale et la médecine chinoise et un très bon complément permettant de supporter les traitements occidentaux notamment leur intolérance."

Madame Wang qui a 22 ans, a testé les deux médecines : "Je viens parce que je n'ai pas assez de plaquettes dans le sang. J'ai essayé la médecine occidentale mais j'ai l'impression que la médecine traditionnelle me convient mieux car elle stimule l’énergie qui circule dans mon corps pour le faire réagir, ce qui fait monter mon taux de plaquettes plus facilement. Et le résultat est aussi plus stable. Avec la médecine occidentale, j’avais pris des comprimés pour y arriver. Mais les effets n’ont pas duré. Mes plaquettes sont redescendues très vite. Je constate qu’avec la médecine chinoise, il faut attendre plus longtemps pour avoir un résultat, mais une fois que le taux monte, il ne bouge plus." 

En octobre dernier, les premières assises sur les médecines chinoises et occidentales se sont tenues à Lyon avec, pour objectif, un texte de loi qui va légaliser la pratique de la médecine traditionnelle chinoise en France, pour que les deux médecines travaillent ensemble, en complémentarité. 

Traductions Shenyan Hou

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