« Reporter » en Afrique ce matin, à Birao, dans l’extrême nord-est de la Centrafrique. Birao est une petite ville proche de la frontière avec le Soudan et le Tchad, une ville au cœur des attaques de plusieurs rébellions depuis quelques mois. Aucun reporter n’avait pu s’y rendre depuis début mars. Retour sur un épisode de cette guerre, qui se déroule dans tout le nord de la Centrafrique. La France avait déclenché ses accords de défense début novembre lors d’une première bataille pour soutenir les forces du président Bozizé ; lors de la reprise de la ville de Birao, une ville qui était aux mains de l’une des rebellions de cette région depuis un mois. Ensuite, l’armée française y avait laissé un petit détachement de 18 soldats, installé dans les locaux de l’office nationale des forêts - trois petits bâtiments transformés en fortin avec ses barbelés, ses trous de combats. Comment est la situation en général ? C’est très calme. S’il a fallu attendre un mois pour qu’on puisse enfin venir ici - très encadré par les forces françaises, les seules à avoir des avions - c’est que la zone n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était le samedi 3 mars, à partir de 6 heures du matin. Le sergent Aurélien Laforge raconte la suite, c’est un jeune commando parachutiste de Montauban (interview). En fait c’est le lendemain que ça aurait pu tourner mal pour le détachement français. Mais cette fois, il a pu bénéficier de l’intervention au canon des mirages F1 basés en permanence au Tchad voisin, à N’djaména, où nous avons pu rencontrer en fin de semaine les deux pilotes qui sont intervenus ce jour là, juste avant qu’ils ne rentrent en France. A 40 ans et quelques interventions notamment au Kosovo, Lilian Morance n’avait jamais été placé dans une telle configuration (interview). Le sergent Laforge avait retrouvé son trou de combat depuis une heure quand les mirages F1 sont intervenus (interview). La bataille de Birao s’est terminée avec 4 morts au sein du détachement de l’armée centrafricaine et aucun bilan pour les assaillants « rebelles ». Enfin, la nuit suivante, une compagnie de parachutistes français venus de Libreville a sauté sur Birao. C’était une première depuis le saut sur Kolwesi en 1978 dans l’ex Zaïre - un saut pour sécuriser définitivement la ville et ses alentours. C’est le cas depuis un mois, pas d’autres nouvelles attaques. Il y a désormais près de 300 militaires français ici pour une durée inconnue. Un dossier d’Emmanuel Leclère en direct de Birao en Centrafrique et de Nicolas Mathias pour la technique.

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