Nicolas Sarkozy a annoncé, il y a 15 jours, la mise en place d'un plan anti-bandes, après plusieurs incidents. Le mois dernier, aux Mureaux, dans les Yvelines, des policiers ont essuyé jets de pierre et tirs de plombs. Dans un lycée de Gagny, en Seine-Saint-Denis, un groupe d'adolescents a mené une expédition punitive. Et ces bandes n'épargnent pas, non plus, Paris. La capitale, théâtre de rixes entre bandes venues de banlieue, qui s'expliquent sur « terrain neutre » dira-t-on, souvent sur les grands axes de transport comme la Gare du Nord. Mais ces affrontements opposent aussi des quartiers parisiens. En décembre dernier, par exemple, un jeune a péri, poignardé, à l'issue d'une rixe dans le 15ème arrondissement. Yannick, 25 ans, est aujourd'hui rappeur. Il a fréquenté, adolescent, la bande de son quartier, place des fêtes dans le 19ème (interview). Des bandes plutôt informelles. « Groupe de potes » préfère Yannick qui font parfois, reconnait-il, « des conneries », auxquelles s'ajoutent des bandes plus structurées a constaté Gael Fabiano, représentant syndical à l'UNSA-Police. Il œuvre depuis 10 ans sur les quartiers Est de Paris (interview). Difficile de dire combien Paris compte de bandes car la PP, la préfécture de police, ne souhaite pas communiquer de chiffres, sur ce phénomène aux réalités très variables. Reste que selon la SDIG, la sous-direction de l'information générale (les ex-renseignements généraux), il y aurait 222 bandes en France composées pour moitié de mineurs. 47% exactement, un chiffre qui étonne le sociologue Thomas Sauvadet, spécialisé dans l'étude des modes de socialisation des jeunes de cité (interview). Pour le ministère de l'intérieur, la bande serait un groupe composé d'au moins 3 personnes qui forment un noyau stable et autour duquel gravitent, régulièrement ou occasionnellement, d'autres éléments. Mais, étonamment, les bandes de hooligans, par exemple, qui répondent pourtant à la définition, ne sont pas compris dans ces statistiques. Quelles réponses avance le gouvernement face à ce phénomène ? En plus d'effectifs supplémentaires sur le terrain, des groupes spécialisés seront chargés de collecter des informations, précises et actualisées, sur ces bandes. A Paris, une petite quinzaine de policiers seront, d'ici l'été, affectés à cette tâche selon des sources syndicales. Réponse aussi sur le plan législatif. Le président de la République a annoncé que "la participation en connaissance de cause à un groupement, même temporaire, poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes ou certains biens" serait punie de 3 ans de prison. Pour le président de l'Union syndicale des magistrats, Christophe Regnard, c'est de la gesticulation médiatique (interview). Un reportage de Nour-Eddine Zidane.

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