La France est intervenue militairement à la demande du Mali en 2013. Un accord de paix, signé en 2015 avec les rebelles, peine à être appliqué, et les groupes djihadistes profitent de ces défaillances pour s’implanter dans le centre du pays. Une situation qui alimente les rancoeurs des habitants à l'égard de la France.

Le monument de l'Indépendance, à Bamako
Le monument de l'Indépendance, à Bamako © Radio France / Benjamin Thuau

Le Mali n’arrive pas à sortir de l’impasse. Plus de 140 soldats maliens ont été tués depuis le mois de septembre. Face à la multiplication des attaques menées par les djihadistes, certaines voix s’élèvent pour dénoncer la présence de la force Barkhane et réclamer son départ. Des discours souvent teintés de relents anti-coloniaux.  Les autorités maliennes, elles, minimisent le discours anti-français qui prospère et plaident pour un renforcement des moyens d’action. 

Dans la zone industrielle de Bamako, dans une salle aux murs décrépis, des ventilateurs brassent de l’air chaud : la chaîne Energie TV organise un débat en public devant une trentaine de personnes. Six intervenants y participent. Le thème du jour est "La jeunesse et la crise malienne". Connue pour sa combativité, Adam Diko est une militante très en vue. Elle dirige l’association des jeunes pour la citoyenneté active et la démocratie au Mali : "Le terrorisme recrute les victimes de la mauvaise gouvernance, ces personnes-là sont vulnérables et deviennent des ennemis de la Nation."

La militante Adam Diko et Adama Diarra, du mouvement "On a tout compris"
La militante Adam Diko et Adama Diarra, du mouvement "On a tout compris" © Radio France / Benjamin Thuau

La défaillance de l’état malien, Moussa Mara ne cesse de la dénoncer. Premier ministre d’Ibrahim Boubakar Keita entre 2014 et 2015, son discours de rupture agaçait. Il a démissionné et créé un parti politique, "le Changement", "Yéléma", en bambara : "Le pays s'est écroulé parce qu'il était miné de l'intérieur par la mauvaise gouvernance" affirme-t-il.

Moussa Mara, ex-Premier ministre du gouvernement malien entre 2014 et 2015
Moussa Mara, ex-Premier ministre du gouvernement malien entre 2014 et 2015 © Radio France / Benjamin Thuau

Pour soutenir l’armée malienne, des forces spéciales européennes doivent être déployées début 2020, à l’initiative de la France. On ignore pour l’heure combien d’hommes seront envoyés et quels pays fourniront les effectifs. 

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