Villa Fiorito, un bidonville d’environ 40 000 habitants. Très touchés par le Covid-19 entre mars et octobre, confinés pendant près de sept mois, le plus long confinement au monde, et désormais endeuillés par la mort du héros local, les habitants de Villa Fiorito vivent une année 2020 catastrophique.

Villa Fiorito, le bidonville où a grandi Maradona
Villa Fiorito, le bidonville où a grandi Maradona © Radio France / Thibault Lefèvre

Au 523 de la rue Azamor, l’ancienne maisonnette des Maradona n’a pratiquement pas changé depuis le départ de la famille il y a plus de 40 ans. La végétation a poussé, une peinture de l’icône locale recouvre la façade, des photos, des fleurs et des dessins sont accrochés à la grille pour rendre hommage à l’ancien footballeur mais la cour intérieure est toujours en terre, le toit en tôle, les murs en brique recouverts de chaux et la plupart des voisins n’ont jamais déménagé. Maria Aida a 81 ans, elle vit depuis 1973 dans une maison similaire de l’autre côté de la rue.    

Maria Aida, l'ancienne voisine de Diego Maradona
Maria Aida, l'ancienne voisine de Diego Maradona © Radio France / Thibault Lefèvre

Cet enfant, c’était comme un fils pour moi. Pelusa, bouloche, pour moi c’était Pelusa. On n’avait ni eau ni électricité à cette époque. Aujourd’hui, il y a beaucoup de soupes populaires où les gens font la queue pour se nourrir. C’est pas facile, comme tout a augmenté, il ne te reste pas assez pour manger. La vie en Argentine est très chère. Il y a beaucoup de misère.

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La conséquence de la plus grave crise économique que traverse l’Argentine depuis 2001, avec aujourd’hui 40% de la population, touchés par la pauvreté, essentiellement dans les 4 000 bidonvilles du pays. Christian est peintre en bâtiment. Entre mars et octobre, il a été confiné comme tous les habitants de Villa Fiorito, dans l’enceinte du quartier. 

C’est une année pourrie. C’est une année de merde. Avec ma famille, nous traversons une mauvaise période. Rends-toi compte, nous n’avons pas de travail à cause de la pandémie. Ma sœur a besoin malheureusement de l’aide alimentaire parce qu’elle ne s’en sort pas. Le peu d’argent que nous avons, c’est pour acheter du pain et rien de plus. Le quartier a changé : il y a plus de gens pauvres. J’espère que la pandémie va disparaisse. En Europe, tout était terminé et puis le Covid est revenu et je pense que ça va être la même chose.

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60% de cas positifs à Villa Fiorito au pic de l'épidémie

Car l’hiver austral a été compliqué en Argentine avec une épidémie galopante entre début juillet et fin octobre  avec un taux de patients testés positifs au Covid, qui a atteint 60% à Villa Fiorito. Une annexe aux urgences a donc été ouverte à la hâte, dans des préfabriqués, avec 76 lits dont 24 en réanimation. Une trentaine de patients sont toujours hospitalisés, dont Alejandro, 48 ans. Il a été admis fin octobre puis placé sous respiration artificielle pendant une dizaine de jours.  

J’étais à la maison, j’ai eu de la toux, de la fièvre et je suis venu à l’hôpital. J’ai été intubé. Il y a du Covid ici parce que les gens ne font pas attention. Je prenais par exemple un Maté ou un coca et on le partageait. C’est très dangereux. On vit les uns sur les autres, on est trop ensemble. Ça tue plus de pauvres que de riches.

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18 morts du Covid-19 recensés dans le quartier de Villa Fiorito, l’épidémie recule depuis peu, mais pour l’infirmière d’Alejandro, Gisèle Marchuk, le combat est loin d’être terminé.

Dans chaque maison, il y a beaucoup de gens. Ils partagent les toilettes, ils ne peuvent pas respecter les gestes de base, la distanciation sociale. C’est pour cette raison que le virus s’implante plus dans ce type de zones, qui sont des quartiers populaires. Ce sont des conditions qui rendent difficile l’éradication du virus. Le plus important, c’est d’éduquer les gens, de leur expliquer ce qui va se passer s’ils ne font pas attention. Ça change petit à petit, c’est difficile, mais ce n’est pas impossible.

L’autre moyen d’éradiquer le virus, c’est évidemment le vaccin. A Villa Fiorito, il sera gratuit et distribué à partir de la fin de l’année. Les autorités sanitaires espèrent passer durablement sous la barre des 20% de cas positifs et permettre ainsi aux hôpitaux de supporter une éventuelle deuxième vague.  

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