Qui n’a pas déjà posté des photos ou des videos sur internet ? Aujourd’hui, rien de plus facile, tout peut être mis en ligne, mais cette démarche n’est pas toujours innocente. L’année dernière, la défenseure des enfants et la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) tiraient le signal d’alarme et lançaient une consultation nationale auprès des collégiens et lycéens sur la protection de la vie privée des jeunes. On annonçait pour cette année le filtrage d’ internet au niveau des fournisseurs d’accès pour protéger les mineurs et des logiciels de contrôle parentaux téléchargeables gratuitement pour les ordinateurs des enfants et leurs téléphones portables. En 2007, le site Youtube annonçait l’exclusion des enfants qui y étaient inscrits et le site myspace interdisait l’accès aux moins de 14 ans après avoir supprimé 29 000 comptes de délinquants sexuels potentiels. Ce qui fait peur, précisément, c’est la pédopornographie, la consultation payante d’images d’enfants agressés sexuellement et parfois en direct. Une forme de criminalité très rentable qui ne donne pas lieu à de grands procès parce que dans certains pays d’Europe, personne ne poursuit, faute de lois. En Allemagne, on trouve les clients en suivant leur carte de crédit mais c’est un délit mineur pourtant très risqué pour les récidivistes de la maltraitance d’enfants. On ne fait pas toujours vite le lien en France entre le danger virtuel et le danger réel mais, la semaine dernière, la députée UMP Marie-Louise Fort, faisait remarquer que ce serait une bonne chose de criminaliser l’inceste, commun en France avec - c’est son estimation - un million de victimes. Rarement les producteurs d’images ou les organisateurs de ce marché sont inquiétés, profitant des zones d’ombre dans nos législations. Mais l’argent passe par les banques, les organismes de cartes de crédit et il y a moyen de mieux faire au niveau européen. Des ONG en parlent ouvertement, comme « Innocence en danger » qui fête ses 10 ans (reportage). Hier encore, un homme âgé de 24 ans, qui avait fait chanter une adolescente iséroise sur internet, a pu être arrêté. « Innocence en danger » a ouvert à Macon un centre pour les enfants victimes d’abus sexuels et compte en ouvrir un autre prochainement à Valence. Un reportage de Philippe Reltien.LIVRE : « Enquête sur une société qui consomme des enfants », de Serge GARDE et Homayra SELLIER au ed. Cherche Midi.

liens

Page spéciale sur la protection de l’enfance sur internet

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.