non-lieu requis pour strauss-kahn dans l'affaire du carlton
non-lieu requis pour strauss-kahn dans l'affaire du carlton © reuters

Alors que débute ce lundi à Lille le procès de l'affaire de proxénitisme du Carlton, dans laquelle est poursuivi Dominique Strauss-Kahn, zoom sur la prostitution dans le milieu des affaires. Une pratique très développée.

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Rosen Hicher le confirme : être offerte en cadeau à des clients ou à des hommes politiques pour favoriser un contrat, c'est courant. Rosen a travaillé pendant 22 ans dans des bars à hôtesses. L'automne dernier, elle a marché 800 kilomètres pour réclamer l'abolition de la prostitution :

J'ai été le cadeau de ces hommes qui souhaitaient conclure des contrats. C'était fait très finement : les personnes qui souhaitaient faire un cadeau à leurs clients arrivaient à connaître quels profils de femmes pouvaient les faire craquer. Avec une somme d'argent qui pouvait aller de 500 à 5.000 euros suivant le contrat à signer.

La prostitution dans le business est une pratique "fréquente" dans certains secteurs d'activité, observe Yvonnick Denoël, auteur du livre "Sexus Economicus" (éditions du Nouveau monde) :

C'est fréquent dans un certain nombre de secteurs qui ont pour clients des élus. Je pense par exemple à la distribution d'eau, à la propreté, au BTP... Dans ces secteurs, il n'est pas rare que des prestataires organisent des soirées d'agrément qui peuvent se finir éventuellement en galante compagnie.

Prostitution étudiante et prostitution "de crise"

La prostitution étudiante existe depuis longtemps, mais d'après les spécialistes, elle est en pleine expansion via internet. "J'ai commencé mes activités de prostitution en fréquentant le milieu de la nuit, témoigne un jeune homme sous le couvert de l'anonymat. J'étais étudiant. Ce n'était pas déconvenant, ce n'était pas désagréable. L'argent servait à financer mes loisirs, sorties... Je trouvais cela mieux que d'aller chez Mc Do avec les contraintes que l'on peut connaître."

Il y a aussi depuis quelques années le boom de ce qu'on appelle la prostitution "de crise". Comme ces mères de famille licenciées ou divorcées qui ne peuvent plus faire face et qui se prostituent pour arriver à boucler le mois... ou s'offrir quelques extras. C'est ce que constate Justine, du Mouvement du Nid à Paris, une association militante et abolitionniste :

Avec le développement de la prostitution sur le web, il est certain que des femmes qui auraient pu avoir une barrière psychologique franchissent plus facilement le pas.

Avec internet, plus besoin de passer le cap dans la rue, certes, mais les dangers sont réels, prévient la sociologue Françoise Gil :

C'est un vrai métier, c'est difficile, c'est plein de risques. Les "prostituées traditionnelles" savent comment se prémunir des violences et ne recevraient jamais de clients à leur domicile.

Il y a tout juste un an, la proposition de loi sur la prostitution était examinée au parlement, mais pas votée. Entre temps, sa mesure la plus polémique, la pénalisation des clients, a été supprimée par les sénateurs.

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